On verra bien !

Certains l’auront peut être remarqué, c’est la formule qui revenait souvent cette année au soir du 31 décembre quand, à la fin des agapes et juste avant la partie de cartes, il fallait se résoudre à quitter la table pour aller déguster le petit verre de poire devant la cheminée. Oui, on verra bien ce que 2019 nous réservera comme surprises avec un millésime qui pourrait bien se retrouver gravé dans le marbre de notre Histoire de France. “On verra bien”, comme un pressentiment qui ne dit pas encore s’il est de bon ou de mauvais augure et dont les signes avant-coureurs, qu’on le veuille ou non, conditionnent l’actualité depuis le 17 novembre. Car il ne faut pas être grand clerc pour savoir que le vent de la contestation n’a pas encore fini de souffler. Seuls ceux qui ne peuvent s’empêcher de préférer au calme de La Bourboule le clinquant de Saint Tropez font mine de l’ignorer. Comme s’il fallait oublier cette lumière restée allumée sur les ronds-points de la révolte où certains, malgré le froid, ont décidé de réveillonner. Comme s’il fallait négliger ce mouvement pour ainsi dire inédit. Inédit, car, il n’a rien à voir avec ces “mutineries” programmées à l’aune des calendriers scolaires par ceux qui prennent soin de ne surtout pas empiéter sur les grandes vacances ou sur la saison de ski.
Inédit car, nous n’avons pas affaire ici aux enfants gâtés d’une société providence. Mais à un peuple qui réclame tout simplement un peu moins de mépris, un peu plus de reconnaissance.

Une autre France
Voilà pourquoi les braises ne sont pas éteintes. Voilà pourquoi le gouvernement ne doit pas minimiser ses craintes. Car la moindre provocation déclenchera l’étincelle. Considérant les courants propices à attiser l’incendie, la marge de manœuvre est à ce point réduite qu’elle va inévitablement impacter la fonction présidentielle. À moins d’en appeler à la force dans des proportions qui viendraient malmener la démocratie et susciter l’insubordination, le premier d’entre nous doit reconsidérer sans délai le fonctionnement des institutions. “Vaste programme” aurait dit l’un de ses plus célèbres prédécesseurs, car il concerne le train de vie de l’État, des parlementaires et des hauts fonctionnaires. Tout ce qui sera économisé de ce côté-là, comme le veut la formule utilisée pour justifier la suppression de l’ISF, “ruissellera” jusque dans l’escarcelle des Français. Un peu facile diront ceux qui, du côté de Lutèce, se poudrent le nez et les narines dans les lieux branchés du moment. Et pourtant c’est par là qu’il faut commencer. Par le train de vie de quelques privilégiés qui font passer le paraitre avant l’être sur le dos du contribuable. Voilà ce que réclament ceux qui veulent une autre France, sans entre soi, sans passeports diplomatiques, sans “Diner du siècle” sans “Club Bildeberg”, sans médias influençables, sans amateurs nouvellets qui se prennent pour les premiers de cordée. À ceux-là j’offre cette citation de Brel : “Mon père était un chercheur d’or. L’ennui c’est qu’il en a trouvé.”
Aux autres et à toutes celles et ceux que je respecte, car ils ont encore le courage de s’indigner, je souhaite, bien entendu, une très belle année !

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