On fait comment le 11 mai ?

Nous voici donc à la veille de ce déconfinement tellement espéré. Je vous sens à la fois heureux et tendus… Un peu comme à la veille d’un saut à l’élastique quand, au sommet d’une falaise, vous devrez vous jeter du haut d’un promontoire… Vous y avez pensé, vous l’avez espéré même, mais vous êtes comme tétanisé au moment où il faut fléchir les genoux et déclencher l’impulsion ! Normalement, lors de ces aventures extrêmes, nous sommes encadrés par un personnel rompu à l’exercice. Nous avons tous les harnachements nécessaires à notre sécurité. Notre appréhension repose sur un socle virtuel puisque la probabilité d’accident est, en général, de l’ordre de l’infinitésimal. L’occurrence actuelle est quand même un peu différente : vous croyez connaître le danger, probablement majoré par toutes les informations qui vous submergent.

Par contre, à l’inverse des sports acrobatiques, vous n’êtes pas intimement convaincu que les mesures de sécurité qui vous sont proposées seront efficaces et suffisantes. Vous êtes un peu comme cet alpiniste, pendu dans le vide, qui crie “Y a-t-il quelqu’un ?” et qui entend une voix lui répondre : “Je suis là. Je suis Dieu. Aies entière confiance. Lâche prise et laisse toi tomber. Mes anges te rattraperont dans ta chute avant que tu ne t’écrases au fond du précipice”. Et l’alpiniste de hurler : “Y a-t-il quelqu’un d’autre ?”. Vous en êtes là : les solutions proposées par ceux qui sont censés venir à votre secours vous paraissent quelque peu hasardeuses, voire ésotériques et, spontanément, vous en cherchez de meilleures. Depuis quelques semaines, j’essaye, modestement, d’éclairer votre connaissance du phénomène à l’origine de notre enfermement. Je suis fatigué d’entendre les innombrables savants qui, tels des “mouches à merde”, pullulent sur les plateaux TV, diffusant des messages aussi incompréhensibles que contradictoires. Savez-vous ce que vous devrez faire au matin du 11 mai ? Pas vraiment !

Si je mets un masque, suis-je à l’abri ?
Alors, je vais essayer, en quelques mots simples, de vous dire ce qui me paraît être à la fois utile, mais aussi faisable. Voici votre problématique : “Est-ce que je vais rencontrer des personnes contagieuses ?”. Pour commencer, la bonne affirmation est la suivante : “Je ne vais rencontrer que des personnes contagieuses !” Et donc, que faire ? Bien se protéger avec tout le monde ! Comment ? La première réponse est une évidence : en évitant de mal le faire. Et en ne perdant jamais de vue que la personne qui sera la plus contaminante pour vous ce sera… Vous-même ! Les bases : ne pas s’approcher de l’autre. Ne pas le toucher. Mettre un masque. Voilà les priorités pour se protéger des postillons de vos interlocuteurs. “Si je mets un masque suis-je à l’abri ?”. Oui, en théorie : si le masque est neuf, bien placé et qu’on ne fait pas de fausse manœuvre en le mettant et surtout en le portant. Il doit bien recouvrir le bas du visage, le mettre en commençant par les oreilles, avec des mains propres. Il ne doit jamais être touché jusqu’à son retrait, jamais rabattu sous le menton. Il ne doit être utilisé qu’une seule fois, sans être conservé ni dans sa poche, ni dans son sac, ni sur la plage avant de son véhicule. Les masques tissu doivent être lavés après chaque utilisation. S’il a rempli sa fonction, sa face avant est souillée et il ne faut donc surtout pas la toucher ! D’où la difficulté de l’utilisation et les erreurs.

Pour cela, il existe une solution complémentaire, et peut être alternative, beaucoup plus simple : une protection plastique type visière, couvrant les yeux et descendant largement sous le menton. Avec cela, on peut respirer, on n’a pas de buée sur les lunettes et on n’est pas gêné. L’entretien est facile avec un peu d’eau savonneuse après chaque usage. De plus, tout le monde peut en mettre. Donc, sauf si le ministre de l’Intérieur souhaitait verbaliser ceux qui n’ont pas de masque, je préconise de, toujours, sortir avec une visière large. Et avec un masque selon les lieux si c’est obligatoire. Et j’en profite pour dire qu’il faut déconseiller formellement, voire interdire, le port de gants qui sont des pourvoyeurs de contamination majeure. Il faut garder les parties nues propres, en se lavant les mains et le visage avec du savon après chaque sortie et, si l’on n’a pas de point d’eau à proximité, en utilisant du gel hydroalcoolique. Si vous travaillez, changez de vêtements dès votre retour au domicile. Voilà tout. Avec ça, le risque ne sera jamais nul, mais il sera très faible. Bon retour à la vie !

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