Les pseudos sont des salauds ! (Par Jean-Paul Pelras)

Évidemment j’ai (un peu) hésité avant de publier ce titre. Et puis je me suis dit qu’après tout l’insulte ne pouvait être caractérisée à l’égard de gens qui n’existent pas. Sauf, bien entendu, sous une forme que nous qualifierons de virtuelle puisque impossible à identifier. Ils sont pourtant nombreux ceux qui ont choisi l’anonymat pour exprimer leurs opinions et se transporter jusque dans nos boîtes aux lettres et sur les réseaux sociaux afin de poster, en toute impunité, leurs missives, leurs diatribes, leurs injures, leurs affligeantes imprécations.
Dans une tribune publiée dans Le Monde en 2010, Michel Onfray écrivait : “Le commentaire anonyme sur Internet est une guillotine virtuelle. Il fait jouir les impuissants qui ne jubilent que du sang versé. Demain est un autre jour, il suffira de regarder un peu cette télévision qu’on prétend détester mais devant laquelle on se vautre pour trouver une nouvelle victime expiatoire à sa propre médiocrité, à sa vacuité, à sa misère mentale. En démocratie, le mal est relativement contenu.” Nourrissant la plupart du temps ce qu’il dénonce, autrement dit la bêtise et la méchanceté, le pseudo détruit tout ce qu’il voit, du livre, qu’il n’a peut-être même pas lu, au film qu’il n’a pas vu, en passant par le plat qu’il n’a pas goûté et la chanson qu’il n’a pas écoutée. Une entreprise de démolition qui sévit tout particulièrement dans les débats d’idées où ce corbeau des temps modernes s’invite pour “exister” sur le profil des autres en imposant parfois un point de vue mâtiné d’injures. Le genre d’invectives gratuites qui découragent les contributeurs disciplinés et alimentent bien souvent une surenchère stérile. De celles qui nous font perdre le fil des conversations, détournent le sujet et poussent l’imposture jusqu’à récupérer, comme le fait le coucou avec le nid des autres, la place qu’il est venu squatter en toute impunité.

Dans les limbes de la médiocrité
Des méthodes qui peuvent paraître paradoxales à l’heure où nous sommes systématiquement identifiés, immatriculés, tracés, pucés. Comment peut-on, à ce titre, laisser prospérer celui qui se dérobe au détriment de celui qui ose encore signer ? L’évènement dramatique qui vient de se produire avec l’exécution d’un enseignant nous prouve que l’anonymat, plébiscité par les courageux de service sur les réseaux sociaux pour instrumentaliser la haine, participe aux dérives sociétales plus qu’il ne répond aux “alternatives” démocratiques. Oui, les pseudos sont des salauds qu’aucun prétexte, ni “confort” ne peut excuser. Oui, monsieur “Pierre Quiroule” vous êtes un salaud qui passez votre temps à nous insulter, à dénigrer ce que nous écrivons, à diffamer ceux qui, parce qu’ils bousculent les opinons, suscitent chez vous fadeur et frustration.
En témoigne votre profil sur les réseaux sociaux où l’esprit critique ne souffre d’aucune contradiction puisque, même masqué, mis à part quelques illustrations sans intérêt, vous êtes incapable d’exprimer la moindre conviction, incapable du moindre risque, incapable d’avancer le moindre ersatz de proposition.
Voilà ce que je voulais vous dire ainsi qu’à vos semblables au nom de nos journalistes et de nos chroniqueurs qui ont, semaine après semaine et malgré le contexte, le courage de relater l’information ou d’exprimer leurs idées, ici à L’Agri où ceux qui signent ne sont jamais censurés. Où ceux qui critiquent sans jamais se montrer sont priés de retourner dans les limbes de la médiocrité.

Une pensée sur “Les pseudos sont des salauds ! (Par Jean-Paul Pelras)

  • 27 octobre 2020 à 23 h 11 min
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    On trouve des mauvaises gens en difficultés matérielles ou spychologique, cela ne m’inquiète pas trop. Ce sont les gens payés pour faire du lobbying, pour saboter les idées des personnes bien intentionnées qui m’inquiète. Des agence Havas et Publicis à toutes les institutions politiques.
    Des gens sont payés et donc de mauvaises fois…

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