Le sens de l’agriculture : seconde partie

Souvenez-vous, dans la première partie, en quelques lignes, j’avais évoqué le portrait d’une agriculture mondialisée et des effets néfastes qu’induisent les spéculations boursières, engendrant une forme de dictature mondialisée agricole sous couvert de nos libertés.
Désormais dans vos assiettes, à moindre coût, vous trouverez des viandes engraissées aux hormones, des saumons nourris aux farines, le jarret d’un côté tranché par une ouvrière payée à 11 euros de l’heure, de l’autre le pendant à 1 euro. Cette délocalisation agricole rejaillit au travers des travailleurs détachés venant dans les pays développés pour y être exploités dans des conditions de travail dignes de l’esclavage moderne, de travail dissimulé, de harcèlement moral et sexuel, en France comme ailleurs. L’espèce humaine est aussi telle qu’elle est et les fruits pourris se trouvent même chez certains agriculteurs. Cependant, ces conditions sont permises par ce jeu de la liberté de circulation des travailleurs induisant le travail détaché et parfois des conditions inhumaines. Maladies, violences si ce n’est viols, la réalité de certains ouvriers agricoles dépasse l’imaginable.
Et pourtant, le consommateur ferme les yeux sur cette triste vérité car le prix de revient de son assiette ne peut pas quelquefois dépasser un seuil, sinon point de vacances, point d’amusement, point de dépenses aussi inutiles que farfelues pour des plaisirs aussi éphémères qu’inféconds. Et ces consommateurs que nous sommes tous validons les prix tirés vers le bas, les productions aussi peu chères qu’elles ne garantissent ni la sécurité des agriculteurs, ni celle des ouvriers, ni celle de certains “esclaves” agricoles. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, le comportement du consommateur peu vertueux est parallèle à celui de ceux qui conditionnent et fomentent la destruction de notre agriculture paysanne et traditionnelle.

Changer la réflexion
Nous avons tous constaté que les prix avaient augmenté depuis des années, pour certains les salaires ne suivent pas, mais pour bon nombre d’agriculteurs les fins de mois sont terribles. Cependant, ils sont trop peu pour changer la réflexion : être agriculteur, être paysan, c’est une vocation, un sacerdoce, une mission, celle de nourrir sa famille, celle de nourrir l’humanité, celle de vivre auprès de cette nature aussi rude que généreuse.
Croyez-vous que les agriculteurs souhaitent empoisonner et s’empoisonner eux-mêmes avec les produits qu’ils utilisent ? Les consommateurs donnent l’impression par leurs discours que l’agriculteur utiliserait presque des produits illicites…
Non ceux-ci sont bien autorisés par les États. Donc c’est une autre histoire. Mais en tant que consommateur, avez-vous le droit de donner des leçons aux agriculteurs lorsque vous n’êtes pas capables, pour la majorité d’entre vous qui le pouvez, d’acheter des produits locaux à prix honorables afin que l’agriculteur puisse vivre modestement mais
dignement ?

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