La chasse aux agriculteurs est ouverte !

C’est une pente sur laquelle la société est en train de glisser tout doucement. Une pente, savonnée entre autres par les ONG, sur laquelle se retrouvent à la fois paysans et consommateurs. Une pente qui pourrait nous conduire plus vite qu’il n’y paraît vers la disparition de l’agriculture française et, de facto, vers une dépendance alimentaire aux productions importées.
Les sujets sont nombreux qui donnent du grain à moudre à ceux qui, pour un oui ou pour un non, stigmatisent les pratiques et les usages agricoles. Du loup et de l’ours qu’il faut réintroduire quitte à déstabiliser toute une filière de production en passant par le veganisme ou le bruit que fait le tracteur en sortant de la coopérative, le paysan est devenu celui qu’il faut faire partir.
Oui, il faut le faire partir car “il possède des hectares là ou d’autres doivent trimer toute une vie pour se payer un pavillon de quelques mètres carrés. Il faut le faire partir car il n’aime pas que l’on se promène avec notre chien sur « ses terres ». Il faut le faire partir, car l’on doit fermer les fenêtres et se boucher le nez quand il sulfate ou quand il épand du lisier. Il faut le faire partir parce qu’il nous empoisonne quand il désherbe son verger, son champ ou sa vigne avec du glyphosate comme on nous le montre dans certaines émissions de télévision”. Des émissions et des images que les syndicats agricoles devraient dénoncer plus fréquemment car mensongères et destinées à marquer les esprits. Qui irait, en effet, utiliser du désherbant sur les fruits ou les légumes, comme on nous le montre en boucle, sans faire de distinguo entre le produit qui soigne la maladie ou combat le prédateur et celui destiné à tuer la mauvaise herbe ?

Faire pisser pour la cocaïne comme ils l’ont fait pour le glyphosate
Les médias qui influencent le débat mélangent tout et ne font qu’attiser les peurs collectives en opposant deux modes de production. Ils sont, hélas, aidés en cela par certains politiques qui leurs donnent raison. Tout simplement car ils préfèrent la facilité des pentes savonneuses aux contraintes des versants qui font valoir le bon sens.
Faire pisser quelques artistes de variété, qui ne savent pas faire la différence entre une bêche et un râteau, pour faire croire au citoyen lambda que si ceux-là ont du glyphosate dans leurs urines c’est que forcément tout le monde en a, relève de la démagogie la plus exacerbée. Que la journaliste spécialisée dans ce genre de question renouvelle l’opération avec de la cocaïne et quelques substances du même acabit et nous saluerons alors le courage et l’impartialité de l’investigation.
Enfin, notons que, dans les rangs de la paysannerie française, si certains n’hésitent pas à dénoncer ces pratiques déontologiquement peu reluisantes tout en appelant au sursaut citoyen et au soutien du monde agricole, d’autres, peut être embarrassés par leurs idéologies et leur proximité naturelles avec de nombreuses ONG pro-environnementales, devront clarifier leur position. Car, et nous l’avons vu avec le “Lundi vert” et l’appel par quelques “prescripteurs d’opinion” à ne pas manger de la viande ce jour-là, les voilà, en quelque sorte, rattrapés par leurs propres démons.

Une pensée sur “La chasse aux agriculteurs est ouverte !

  • 24 janvier 2019 à 9 h 28 min
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    il est bien sympa cet éditorial, mais il aurait fallu rajouter paysan et travailleurs n’avons aucun pouvoir dans un pays comme le notre, ce sont tous ces intermédiaires qui achètent en Europe de l’Est a des prix sans concurrence, qu’il est très difficile de battre, ( nous n’avons pas voulu cet Europe là qui nous a été imposé ) c’est une des raisons que nous nous enfonçons tous les jours un peu plus. sans compter ce que nous coûte la protection de leur territoire. et on pourrait continuer….

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