La bière artisanale séduit de plus en plus (par Yann Kerveno)

Une poignée il y a 10 ans, plus d’une quinzaine aujourd’hui dans les Pyrénées-Orientales, les microbrasseurs se multiplient presque comme des petits pains.
La raison ? L’engouement des consommateurs pour des bières différentes.

Longtemps cantonnée à l’industrie lourde, la production de bière a connu un tournant ces trente dernières années avec l’apparition des microbrasseurs, entendez ces passionnés, qui commencent à brasser dans leur cuisine… De 300 microbrasseurs enregistrés en 2010, ils sont aujourd’hui plus de 1 600 en France. L’Aude et les Pyrénées-Orientales n’échappent pas à ce mouvement qui voit, à la suite de Cap d’Ona, s’ouvrir de nouvelles brasseries dans des coins parfois très reculés. De La Senglars à Mantet à la Ferme ta gueule de Millas la Boc à Perpignan, entre autres… Des brasseries qui produisent de quelques centaines de litres quelques à centaines d’hectolitres. Dans ce petit monde foisonnant, Jean-Fabien Casteuble et sa compagne Morgane Lainé font aujourd’hui figure d’anciens avec leur aventure démarrée à Bouleternère il y a 11 ans. L’Alzina, c’est leur marque, a beaucoup évolué depuis les premières bouteilles, la production est passée de 50 à 600 hectolitres par an, à l’aune d’un succès populaire jamais démenti.
Au maximum
“Aujourd’hui nous sommes au maximum de notre capacité de production, nous ne pouvons et ne voulons aller plus loin” précise Jean-Fabien dans les nouveaux locaux qu’ils ont investis à Marquixanes, délaissant le site historique de Bouleternère. Quand il regarde en arrière, il constate aussi que le marché a beaucoup évolué. “Quand on a commencé, il n’y avait guère que Cap d’Ona et nous, ce n’était pas facile, les bières artisanales n’étaient pas connues”. Il a fallu créer la demande en s’appuyant sur les marchés de producteurs et la restauration pour se faire connaître et faire décoller l’activité. Comme pour toutes les entreprises ou presque, l’année 2020 sera particulière pour l’Alzina avec l’épisode Covid-19 qui a bousculé la production et la commercialisation. “Il y a eu un fort redémarrage, au mois de juin nous avons fait ce que nous faisons habituellement en août. Et là justement, le mois d’août va être compliqué parce que nous n’avons pas pu produire ni stocker assez” explique-t-il. “Pour l’instant, sur l’année, notre chiffre d’affaires est en recul de 30 %.”
Comment expliquer le succès ?
Mais comment expliquer cet engouement des consommateurs pour les bières artisanales ? Le brasseur de Marquixanes avance plusieurs raisons. “La bière a changé de statut. Pendant très longtemps c’était une boisson uniformisée, produite par les industriels et, un peu à l’instar du vin, les gens ont eu besoin d’autre chose. Il y a aujourd’hui, après toutes ces années, une forte demande pour des bières de dégustation, la bière n’est plus seulement un produit de base et les consommateurs se sont approprié ce type de produits” analyse-t-il. Et comment expliquer la prolifération des microbrasseries ? Parce qu’on peut brasser dans sa cuisine ? “Oui, c’est relativement simple de faire de la bière, mais pour en vivre, c’est une autre paire de manches” tient à préciser Jean-Fabien Casteuble, “surtout si vous faites des volumes importants. C’est un produit fragile avec peu d’alcool, les normes d’hygiène sont sévères, il faut fabriquer, assurer les livraisons…” Bref, c’est un métier, sous-entend-il. Aujourd’hui, L’Alzina a trouvé son rythme de croisière en se développant principalement sur sa zone d’origine, le Conflent. C’est l’autre “marque” du projet, L’Alzina est une bière qui se consomme surtout localement !

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