Journée biodiversité fonctionnelle : ce maraîchage qui élève des insectes

Le Civambio 66 organisait, en partenariat avec Itab Lab, une journée technique au lycée de Théza le 23 novembre. Son thème : “biodiversité fonctionnelle et lutte biologique en maraîchage sous abris”. Alors que l’intérêt d’introduire des auxiliaires contre les ravageurs n’est plus à démontrer, l’enjeu est aujourd’hui de parvenir à gérer et conserver leurs populations.
Quelle différence entre “lutte biologique” et “biodiversité fonctionnelle” ? La première, rappelons-le, consiste en l’utilisation d’organismes vivants, les auxiliaires, ou de leurs produits, pour prévenir ou réduire les dégâts causés par des organismes nuisibles. “Il peut s’agir de virus, de bactéries, de nématodes… Ou d’arthropodes qui constituent l’essentiel des auxiliaires utilisés en bio” précise Jérôme Lambion du GRAB, Groupe de recherche en agriculture biologique. La biodiversité fonctionnelle va plus loin, elle intègre, par exemple, des bandes florales, haies, prairies ou jachères, afin de créer une biodiversité pérenne sur l’exploitation qui permettra à la population d’auxiliaires de se maintenir, car “neuf auxiliaires sur dix ont besoin des milieux hors culture pour effectuer leur cycle annuel” précise le chercheur. Une nouvelle dimension qui doit prendre en compte l’ensemble des micro- organismes, la fertilité du sol… Et qui agite le monde de la R&D depuis les années 2000. Concrètement, comment gérer soi-même ses auxiliaires lorsqu’on est maraîcher sous abri ?

“Fournir le gîte et le couvert”
“Il faut pouvoir leur fournir le gîte et le couvert et durablement, avec des zones refuges qu’ils puissent utiliser quand on arrose, par exemple, des zones corridor pour leur permettre de se déplacer, de nouvelles ressources alimentaires, avec des hôtes alternatifs et des proies, et de la nourriture complémentaire avec du nectar et du pollen” résume Jérôme Lambion. Exemple, le projet “Ecophyto Macroplus”. Son objet : homogénéiser et pérenniser l’installation, notamment, de macrolophus pygmaeus sous abri… Cette punaise verte qui est un excellent prédateur de tuta absoluta, la mineuse de la tomate, dont les attaques se sont développées dans les cultures méditerranéennes de tomates ces dernières années. Les expérimentations ont par exemple mis en avant l’intérêt de planter des soucis et, par exemple, de les arracher à la fin de l’hiver, pour que les macrolophus hébergés par ces plantes s’orientent vers les tomates. En matière de biodiversité fonctionnelle, “il y a des résultats positifs mais encore beaucoup de travail… Le producteur et le technicien proposent, la nature dispose !” rappelle Jérôme Lambion. De nombreuses autres interventions ont rythmé cette journée organisée dans le cadre du plan Ecophyto. Une manifestation qui a réuni 110 participants et qui s’est achevée par un forum entreprises, en présence de fournisseurs de plantes et d’auxiliaires (Biobest, Koppert, Nimaplants, Aphid Protect) et de PME locales de mises en marché de produits bio (Alterbio, Prosain, Teraneo, Imago) à la recherche de nouveaux apporteurs locaux “pour répondre à une progression de leur activité commerciale de 20 à 25 % par an. Cela représenterait un besoin à court terme de plus de 100 ha de maraîchage dont 30 ha sous abri” selon le Civam bio.

Fanny Linares

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