Haut pays : En ces temps compliqués, retrouver le chemin du petit épicier !

Pour Henriette, 88 ans : « Depuis que la coopérative minière a fermé voilà plusieurs décennies, je suis toujours allée chez l’épicier. » Cet épicier ambulant qui a transmis les clés du camion à son fils Patrick voici quelques années pour que les villages du haut pays, une fois par semaine, soient un peu moins isolés. Et c’est probablement parce que, comme Henriette, Yolande et Simone à Escaro, quelques irréductibles villageois n’ont jamais failli à ce rendez-vous hebdomadaire, que ce commerçant continue, par n’importe quel temps, d’arpenter les routes du haut Conflent. Un sacerdoce qui prend tout son sens à l’heure du confinement et alors que beaucoup n’osent plus ou ne peuvent plus se rendre dans les supermarchés. A bonne distance les uns des autres comme le veut la règle imposée par la situation actuelle, une clientèle souvent « inédite » retrouvait ainsi les charmes du commerce itinérant  jeudi dernier sur la petite place d’Escaro. Avec, pour satisfaire aux besoins des autochtones, les produits d’épicerie, pates, conserves, huile, café, chocolat … Mais aussi des fruits, des légumes, saucisse fraiche, charcuterie, fromages, laitages … Sans oublier la lessive, les produits d’entretien, le gaz et tout ce qui peut améliorer l’ordinaire en cette période bien compliquée. De quoi nous rappeler,  une fois ces temps dissipés, qu’il faudra peut etre continuer, comme le fait Henriette depuis des années, à nous rendre chez l’épicier !  

Jean-Paul Pelras 

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