Glyphosate : la fin en 2021 ?

La pression médiatique sur le glyphosate n’est pas vraiment retombée depuis la rentrée. Tour d’horizon des derniers développements autour de ce dossier.

L’épée de Damoclès est toujours là, bien pendue, au premier janvier 2021 a encore rappelé le ministre de l’Agriculture. De son côté, la mission parlementaire consacrée à la question du glyphosate a rendu un rapport intermédiaire à la mi-novembre (http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-info/i2406.asp). Et que trouve donc dans ce rapport ? Rien de vraiment surprenant. On y a la confirmation que la sortie du glyphosate sera onéreuse, de 50 à 150 euros à l’hectare, que certaines cultures vont souffrir plus que d’autres à cause des impasses auxquelles elles seront confrontées…
Pendant ce temps-là, l’Agence nationale de sécurité sanitaire procède à une nouvelle évaluation ainsi que lui a demandé le gouvernement, elle doit rendre sa copie fin 2020, on connaîtra par ailleurs dans quelques jours les résultats de la grande enquête, 6 500 réponses, engagée par les instituts techniques grandes cultures. Dans les différentes interventions politiques sur le sujet, on note l’apparition de la notion de dérogation pour certaines cultures ou certains systèmes. Le think tank Agri’dées plaide ainsi pour la protection de l’agriculture de conservation.

Les tests ne concordent pas
Du côté des pisseurs volontaires, la pression menée par le mouvement “Nous voulons des coquelicots” est toujours présente. La campagne a toutefois connu quelques revers, depuis le printemps, notamment les tests des urines des agriculteurs utilisateurs de glyphosate qui se sont révélés négatifs. Précisons là que la méthode utilisée pour la réalisation des tests n’est pas la même que celle mise en œuvre par le laboratoire préféré des pisseurs, le labo allemand Biocheck. Le plus cuisant est celui infligé par nos confrères bretons du “Mensuel du Morbihan” qui ont fait tester leurs urines à la fois chez Biocheck et par le laboratoire de l’hôpital de Limoges. Avec des résultats positifs pour le premier et négatifs pour le deuxième…
De leurs côtés, les maires continuent de prendre des arrêtés pour interdire l’emploi des pesticides, arrêtés systématiquement cassés par la justice administrative saisie par l’État. En visite au Congrès des maires de France la semaine passée, le président de la République a rappelé qu’il n’était pas dans le pouvoir des maires d’exercer cette police.

60 millions de dollars de pub
Jusqu’à aujourd’hui, seul le tribunal administratif de Pontoise a rejeté les demandes en annulation en référé introduites contre les arrêtés de Gennevilliers et Sceaux, deux villes de la banlieue parisienne. Cette décision n’est pas une validation des arrêtés comme nombre de nos confrères l’ont écrit par méconnaissance du dossier et de la justice, juste le rejet de la demande préalable de suspension. Il faudra attendre le jugement au fond pour y voir plus clair.
Sur le plan judiciaire également, c’est épidémie de plaignants aux États-Unis. Les cabinets d’avocats ont dépensé dans le pays 60 M$ en publicités télévisées pour racoler des plaignants prêts à se joindre aux actions contre Monsanto. Résultat, ils sont aujourd’hui plus de 42 000 à avoir porté plainte. À noter aussi que les trois premières retentissantes condamnations de Monsanto, principalement pour “manque d’information sur la dangerosité du produit”, ont été obtenues en Californie, État très hostile par nature au glyphosate et à son emploi. Le très attendu procès prévu fin octobre à Saint-Louis, Missouri, ville où est installé le siège historique de Monsanto, a lui été repoussé à une date ultérieure.

Yann Kerveno

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