France Nature Environnement envoie les canaux d’irrigation devant le tribunal administratif [par Jean-Paul Pelras]

C’est une information qui risque de compliquer encore un peu plus les relations entre le monde agricole et les écologistes. France Nature Environnement Languedoc-Roussillon vient d’attaquer devant le Tribunal administratif de Montpellier les 6 arrêtés “Débit réservé” des gros canaux de la Têt (Ille, Thuir, Perpignan, Millas-Néfiach, Tarrès et Régleille) qui concernent environ 4 000 ha de terres irrigables. Il s’agit des six prises d’eau situées entre le barrage de Vinça et le point T6, situé sur la Têt en sortie d’Ille sur Têt pour lesquelles les arrêtés préfectoraux prévoyaient un débit réservé au 1/10e (1 200 litres/seconde pour les canaux de Thuir et Ille) et le 1/10e modulé en été à 600 litres/seconde pour les autres canaux. Des arrêtés avaient été pris par le préfet Philippe Chopin qui allaient dans le sens du “sur mesure” pour respecter un équilibre acceptable par tous, à la fois soucieux de l’environnement et des besoins agricoles.
FNE considère toutefois que ces valeurs de débit ne sont que des valeurs de “survie” de la faune et flore aquatiques, et demande au tribunal de modifier les arrêtés en imposant le débit minimum biologique à 2 000 litres /seconde pour tous ces canaux.
Précisons qu’il existe un précèdent sur le Tech, puisque la préfète Josiane Chevalier avait fixé le débit réservé (devant rester dans le cours d’eau) à 260 litres/secondes et que la cour d’appel administrative de Marseille, par jugement du 6 mars 2020, a demandé que ce débit soit relevé à 650 litres secondes.

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