France-Maroc : l’accord “discret”

Pour savoir à quelle sauce l’agriculture française va être mangée, il faut parfois aller chercher l’information dans la presse étrangère. Transportons-nous, à ce propos, sur le site d’Atlas Info, de Menara ou des Eco.ma pour découvrir que deux accords bilatéraux viennent d’être signés entre la France et le Maroc. Deux de plus pourrions-nous presque dire, après celui signé en septembre dernier entre la Région Occitanie et celle de Fès Meknès visant, entre autres, à coordonner la formation des cadres marocains dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Sauf que, sur ce coup là, c’est notre ministre de l’Agriculture en personne qui fit le déplacement du 22 au 24 avril dernier alors qu’Emmanuel Macron s’était entretenu à Paris avec Mohamed VI 12 jours plus tôt. Deux documents signés à Ifrane, surnommée la petite Suisse de l’Atlas, entre Stéphane Travert et le ministre marocain de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Aziz Akhannouch. Le premier accord concerne la coopération dans les domaines de l’agriculture, de l’agroalimentaire et du développement rural. Il prévoit le renforcement de la coopération en matière de politiques publiques, de recherche, de formation, de conseil. Mais également dans les domaines de l’irrigation et de l’aménagement portant sur le foncier agricole. Une coopération qui, toujours selon la presse marocaine, est également destinée aux domaines sanitaires et phytosanitaires, au développement des filières de production agricoles et agroalimentaires, au renforcement des interprofessions agricoles, halieutiques et forestières…

Parmi les signataires, la directrice de FranceAgriMer et le président d’Interfel…

Le second accord porte sur les échanges d’informations concernant les pratiques de veille, la structuration, l’animation des filières et “la mise en place d’un cadre de dialogue transparent et constructif sur les relations Maroc-France au sein du marché européen et dans la perspective d’une meilleure intégration du Maroc aux mécanismes régissant le marché européen de fruits et légumes”. Regardons à présent qui nous trouvons du côté des signataires avec, pour le Maroc, la directrice générale de l’établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE), ou encore Abir Lamseffer, le président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes (FIFEL) (notons ici qu’il s’agit bien d’exportations marocaines…).
Pour la partie française, parmi les signataires, sont cités la directrice générale de FranceAgriMer, Christine Avelin, qui fut également conseillère agricole pour le Moyen Orient à l’ambassade de France de Beyrouth, et le président de l’Interprofession française des fruits et légumes (Interfel), Bruno Dupont. Lequel, rappelons-le, fut également président de la Fédération nationale des producteurs de fruits, membre du conseil d’administration de la FNSEA et titulaire d’une Légion d’honneur qui lui fut remise par Stéphane Le Foll en 2015 “pour mérites éminents acquis au service de la nation”.

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