Féminisme, sororité…

Voilà des mots synonymes de combats bien nécessaires et loin d’être terminés, tant les progrès en matière d’égalité entre les hommes et les femmes vont au rythme d’un gastéropode. Sujet qui en énerve plus d’un et même quelques unes. 
La première vague féministe (1850-1945) avait pour objectif principal que hommes et femmes deviennent égaux devant la loi. L’accès au droit de vote, le 21 avril 1944 en France, en marque la fin. La deuxième vague, dans les années 60, mettait l’accent sur la domination masculine dans la vie professionnelle, privée et politique. Les revendications concernaient en premier lieu le contrôle de son corps par la femme avec l’accès à la contraception et à l’avortement. La troisième vague, à partir des années 90, regroupe un large éventail de récriminations. 
Aujourd’hui, même si plus de 80 % des pays affichent des progrès dans l’éducation, la scolarisation et la santé, beaucoup d’inégalités perdurent, telle que l’écart de salaire entre hommes et femmes qui ne semble pas vouloir descendre en dessous de 20 %. Ceci dit, reconnaissons, pour être louables, que tous les métiers ne sont pas concernés. J’en veux pour preuve deux professions que je connais bien, le monitorat en auto-école (qui pourra faire l’objet d’une prochaine chronique) et le transport routier. Les enseignants et enseignantes de la conduite de niveau équivalant se voient attribuer un salaire égal. Il en va de même pour les conductrices et conducteurs de poids-lourds. Certains employeurs, dans le milieu du transport, donnent la préférence de l’emploi aux femmes parce qu’elles ont un meilleur relationnel avec les différents acteurs du transport (expéditeurs, destinataires, collègues) d’une part, mais aussi pour leur respect des règles de conduite ainsi qu’une meilleure utilisation de la mécanique (oui messieurs !) induisant forcément moins de casse. Par contre, pour d’autres, le motif inavoué d’absences probables pour maternité pose un problème. 
Pour ce qui concerne l’ensemble des professions en général, il y a encore du boulot ! Trop de femmes ne se projettent pas à des postes de haut niveau, ne s’imaginent pas naturellement “faites” pour une carrière réservée à la gente masculine jusqu’à il n’y a pas si longtemps. En cause, l’éducation. Et si ce mot “éducation” doit être synonyme d’amener un individu, fille ou garçon, à son plein développement et à son accomplissement, l’instruction “à l’ancienne” des bambines a la peau dure, même si l’on s’en défend !

Chaque individu doit être choisi pour ses compétences et non parce qu’il est homme, femme, blanc-bec, antiquaille, fossile, angélique, bellissime… 
Pourtant la parité obligatoire et forcée, dans certains domaines… Bof… S’il manque une tête, qu’elle soit féminine ou masculine, pour avoir un nombre équitable, où est le problème ? Pourquoi, coûte que coûte, au nom de la parité, coucher sur une liste électorale ou soumettre à de hautes fonctions de sinistres incapables qui endosseront bien trop souvent un costume beaucoup trop grand ? La parité se fera forcément, à son heure, naturellement. 
Pour aller plus loin dans ma réflexion, le principe de parité obligatoire ne serait-il pas en quelque sorte l’affirmation, la validation d’un état de différence ? Tant qu’on y est, on pourrait aussi considérer qu’il devrait y avoir autant de jeunes que de moins jeunes. Un quota de jeunes femmes, de jeunes hommes, et puis aussi les beaux, les belles, les moches… Bref ! Chaque individu doit être choisi pour ses compétences et non parce qu’il est homme, femme, blanc-bec, antiquaille, fossile, angélique, bellissime… 
Les exemples ne manquent pas, notamment en politique, signifiant qu’il y a erreur sur la personne. Pour preuve notre délicieuse porte-parole du gouvernement et ses inénarrables bourdes dont les derniers propos me font dire qu’il faudrait peut-être réfléchir sérieusement à un permis d’avoir des enfants. Mais ne nous y trompons pas, sur le plan des âneries, nombre de ses acolytes masculins n’ont rien à lui envier. 
Allez, pour qu’il n’y ait aucune ambigüité je termine avec une de mes citations favorites : “La femme n’est victime d’aucune mystérieuse fatalité : il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux.” Simone de Beauvoir. 

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