Et maintenant la SHEM : Le département des P-O serait-il « non essentiel » ? (Par Jean-Paul Pelras)

Depuis des décennies, nous disons dans ce département (celui des Pyrénées Orientales) que ce qui fait le plus défaut pour obtenir l’impulsion nécessaire au développement économique, c’est un homme politique « haut placé »

Et voilà que, depuis début juillet, à la grande surprise de tous, l’individu providentiel est arrivé, nommé non pas dans un ministère quelconque ou dans un sous-secrétariat qui compte pour du beurre, mais carrément à Matignon. Le maire d’une petite sous-préfecture du Midi est devenu Premier ministre. Et c’est sur nous que la bénédiction est tombée.

L’homme, qui avait déjà officié dans l’entourage élyséen de Sarkozy, puis qui fut successivement nommé par Macron délégué interministériel pour l’organisation des Jeux Olympiques et enfin « Monsieur déconfinement » au printemps dernier, avait suscité quelques lueurs d’espoir dans le landerneau local avec son lot de soutiens mâtinés à la fois d’hypocrisie et de sincérité. On ne peut pas dire, du moins en observant la situation en tant que citoyen lambda, que ses précédentes attributions aient apporté grand-chose au département. Et encore moins à cette vallée de la Tet où les hauts cantons n’en finissent plus de désespérer. Je laisserai de côté les déserts médicaux auxquels, quoi qu’en disent ceux qui ne vivent pas dans le haut pays, aucune réponse digne de ce nom n’a été apportée. Idem pour les connexions Internet et téléphonie. Nous n’évoquons même plus le dérangement, car nous avons l’impression de déranger…

Abordons, dans la foulée, le problème de la RN 116, colonne vertébrale du département victime d’éboulements à répétitions qui, de Villefranche à Mont Louis isolent régulièrement les hauts cantons. Ces hauts cantons qui (si tout va bien) vont donc devoir patienter jusqu’au 20 janvier avant de pouvoir rouvrir leurs stations. Enfin, disons avant de pouvoir accueillir les skieurs pour respecter la sémantique gouvernementale. Et ce, alors qu’à quelques kilomètres de là, sur le versant Espagnol, les bistrots, les restaurants et les télésièges vont à nouveau fonctionner. Les Catalans du sud restant fidèle à cette devise « salut y pesetas tot lo altre son punyetes»

 

Qui va se mobiliser pour alerter en « Haut lieu » ?

 

Cette précision étant apportée, rajoutons au douloureux chapitre de la paupérisation locale les menaces qui pèsent sur la société hydroélectrique (SHEM) installée également dans les hauts cantons de la vallée de la Têt sur le site de La Cassagne. Des menaces qui pourraient impacter, au plan national, l’ensemble du groupe en attente du renouvellement des concessions imposé par la Commission européenne. Pour les P-O, des Bouillouses à Villefranche, la SHEM, implantée depuis 90 ans, compte 9 usines hydroélectriques, 14 prises d’eau et un barrage. Cette société emploie 24 personnes dont l’avenir est actuellement directement menacé. Elle participe à l’entretien des cours d’eau et à la gestion de cette ressource pour la production d’électricité et, entre autres secteurs, l’agriculture.

A ce jour et à notre connaissance, aucun parlementaire ne s’est mobilisé pour dénoncer cette énième « plaie » qui affecte le département et la vallée de la Têt plus précisément, si ce n’est le sénateur François Calvet avec un courrier adressé vendredi à la ministre de la Transition écologique. Courrier où il interpelle Barbara Pompili sur cette situation.

Reste à savoir qui d’autre, parmi les responsables politiques locaux va se mobiliser pour alerter en « haut lieu » sur l’accumulation de toutes ces difficultés. Ou bien, faudra-t-il attendre encore des décennies, des siècles peut être, avant le retour d’un homme providentiel capable d’estimer que le département n’est P-O n’est pas « non essentiel » ?

Jean-Paul Pelras

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