Éolien : vents contraires à l’horizon ?

L’éolien c’est un peu comme le reblochon, on l’aime ou on ne l’aime pas. Avec, adossée à cette affaire de goût, un enjeu pour ainsi dire idéologique, relayé par les partisans d’une certaine modernité écologique et décrié par ceux qui évoquent une nuisance visuelle au sein des territoires.

SI le récent ouvrage de Pierre Dumont et Denis de Kergorlay intitulé “Éoliennes : chroniques d’un naufrage annoncé” dénonce les dessous d’un lobby et une aberration économique, il semblerait que même outre-Rhin les tourniquets blancs aient de moins en moins le vent en poupe. En cause, dans un pays qui veut pourtant sortir du nucléaire et du charbon, la multiplication des procédures judiciaires de nature à décourager les industriels de la transition énergétique. Conséquence plus ou moins directe, l’éolien terrestre en Allemagne n’a pas rempli l’objectif de production fixé par le gouvernement en 2018 soit 2,4 GW mis en service pour 2,9 GW autorisés. Une contestation qui se propage également sur l’ensemble du territoire français où certaines communes voient avec ces “aérogénérateurs” l’opportunité d’une manne fiscale et où leurs administrés ne veulent pas de “ça” devant leurs fenêtres. 70 % environ des projets seraient, à ce titre, contestés devant le tribunal administratif. Il est vrai que même en faisant preuve de beaucoup d’imagination, il est parfois difficile de se mettre à rêver en observant les éoliennes implantées sur les garrigues du Riberal ou celles trônant désormais sur le plateau du Larzac. Reste à savoir ce que deviendront leurs tubes et leurs pales quand elles seront en fin de vie.

Le problème du recyclage
Retournons, à ce propos en Allemagne où le problème est en train de se poser pour des machines vieillissantes et devenues obsolètes qui ont désormais du mal à trouver preneur sur le marché de l’occasion, comme c’était le cas jusqu’ici dans les pays africains ou en Europe de l’Est. Si le recyclage de l’acier ne devrait pas poser de problème, il n’en sera pas de même pour les résines de polyester avec lesquelles sont fabriquées les pales. Autre problème les voies d’accès et le béton utilisé pour les fondations qui peut représenter jusqu’à 400 mètres cubes enfouis dans le sol. Rajoutons à cela les subventions attribuées à l’éolien, très contestées, qui sont estimées à 150 milliards d’euros pour les 20 prochaines années et qui pourraient bien passer à la trappe, menaçant de facto l’avenir de milliers de “moulins à vent” devenus aussi inutiles que disgracieux. Rappelons qu’environ 6 500 éoliennes sont implantées (chiffres 2018) sur le sol français sachant que, selon les calculs (nombreux et variables), pour couvrir les besoins en électricité de la population française, il faudrait installer entre 95 000 et 120 000 éoliennes de 2 MW, soit une emprise au sol comprise entre 2 500 000 et 3 000 0000 d’hectares. Un choix cornélien qui dépend bien sûr de l’impulsion politique, mais également de l’efficacité avérée ou non de ce type d’énergie, à l’heure où certains se demandent bien souvent pour qui souffle le vent.

Jean-Paul Pelras

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