Démarches qualités : le plan viande porte ses fruits [par Yann Kerveno]

Amélioration des résultats techniques, augmentation des apports, les filières de qualité se consolident dans les Pyrénées-Orientales.

Les filières viandes de qualité du département peuvent aujourd’hui capitaliser sur les premiers effets du plan viande initié il y a deux ans. En renforçant l’appui technique aux éleveurs, ce plan a permis à la Coopérative catalane des éleveurs de faire entrer plus d’animaux que par le passé dans les différentes filières de qualité.
“Clairement, aujourd’hui nous récoltons les fruits de tout le travail technique réalisé depuis deux ans avec les éleveurs. Depuis le début de l’année, nous sommes ainsi parvenus à commercialiser 20 % d’agneaux Xaï en plus, pour les veaux primeurs on est à 15 % de plus, pour les vaches Fleuron des Pyrénées également 15 %. Il y a une progression en quantité d’animaux qui répondent aux cahiers de charges mais aussi en quantité” détaille Stéphane Guasch, de la Coopérative catalane des éleveurs. Fortement secouées par le confinement l’an passé, les filières viande de qualité comptent passer un printemps plus serein.

Réduction des appros en Ariège

Pour le marché de l’agneau, qui bat son plein depuis plusieurs semaines, les choses sont bien engagées. Le marché est fluide à quelques encablures de Pâques en raison de la relative absence des agneaux espagnols ou anglais sur le marché français. “Les Espagnols se sont tournés vers le Maghreb pour lequel ils font des expéditions en vif et les Anglais, depuis le Brexit, sont bien moins présents” détaille Stéphane Guasch. “De notre côté, nous sommes parvenus à fédérer de nouveaux éleveurs autour de la coopérative et pour l’instant les prix sont très bons. Pour que l’année soit parfaite, il faut juste que nos distributeurs, GMS et bouchers, soient dynamiques à Pâques et après pour compenser l’absence de ce qui est un gros marché pour la viande d’agneau, la restauration.”
Pour les veaux primeurs, on est là aussi en pleine production, les progrès sont également notables avec une réduction des approvisionnements venus des voisins ariégeois… “Nous avons bien progressé en qualité et en quantité” explique-t-il. “Ce qui fait que nous avons moins recours à des animaux venus d’Ariège pour honorer nos marchés. Et nous sommes dans les clous pour atteindre nos objectifs de pouvoir commercialiser trois quarts de veaux du département dans cette filière, contre la moitié aujourd’hui.”

Doubler les carcasses de Rosée de Pyrénées

Avec le printemps et les asperges sauvages, c’est aussi la saison de la Rosée de Pyrénées, protégée par une indication géographique. L’an dernier, en dépit du contexte, une centaine de veaux labellisés a été commercialisée. “Notre objectif cette année, il est ambitieux, c’est de doubler la mise et de vendre 200 veaux, et de parvenir à 300 en 2022 ou 2023.” Disponible en conventionnel ou en bio, la Rosée des Pyrénées va bénéficier de la mise en place d’une production de burger de veaux par Guasch à Perpignan qui doit permettre de tirer la production. C’est ce type de dispositif, en l’occurrence le steak haché rustique, qui a par ailleurs permis de réorienter des vaches de réformes issues des Pyrénées-Orientales vers l’abattoir de Perpignan plutôt que de les expédier chez Bigard à Castres.
Et puis reste le cas du cochon, distribué sous la marque Tirabuixo. “C’est là que nous avons probablement le plus de potentiel. Pour l’instant cela représente 3 000 porcs par an, mais nous espérons bien pouvoir installer de nouveaux ateliers d’élevage et d’engraissement en diversification chez des éleveurs de bovins ou d’ovins d’ici la fin de l’année, nous avons cinq à six projets en ce sens.” Et question potentiel, sachez qu’il s’abat 20 000 porcs par an à Perpignan.

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