Coopération viticole Occitanie : résolument optimistes !

Ludovic Roux : “Nous souhaitons que les prix soient revalorisés jusqu’à 5 euros l’hecto, notamment pour les rosés qui ont un peu perdu lors de la dernière campagne.” (Photo Yann Kerveno)

La coopération viticole d’Occitanie a fait le point sur les conditions de marché lors de son rendez-vous annuel à Narbonne. 80 coopératives étaient représentées, plus les vignerons indépendants.

Avec la courte récolte de cette année, les vignerons ont de quoi camper les pieds dans un optimisme mesuré, en dépit de l’actualité internationale. Les chiffres sont assez rassurants. Pour l’ancienne région Languedoc-Roussillon, les sorties de la campagne 2018-2019 se sont élevées à 11,8 millions d’hectos pour une production moyenne de 12 millions d’hectos. “Nous nous approchons de l’équilibre et nous avons gagné des marchés, puisqu’en 2017-2018, les sorties n’étaient que de 10,4 millions d’hectos” s’est félicité Ludovic Roux, président de la coopération viticole Occitanie. “C’est important, parce que c’est un travail de filière qui nous permet d’envisager d’éviter les effets de yoyo qui sont destructeurs.” Reste le cas des rouges d’entrée de gamme en AOP, sujet déjà évoqué dans ces lignes il y a quelques semaines, frappés par la désaffection des consommateurs. “Nous avons perdu 138 000 hectolitres en un an, on peut imaginer que nous allons avoir très vite des difficultés sérieuses sur 200 000 hectos” ajoutait Ludovic Roux avant d’inviter les opérateurs de la région à faire évoluer la destination de ces produits dans les autres
segments de la gamme. Si les marchés sont plutôt fluides pour les autres catégories, les prix ont subi peu de modifications. “Les rouges sont globalement stables dans la région, les blancs ont perdu entre un et trois euros à l’hecto, les rosés ont perdu trois euros. Nous souhaitons que ces prix soient aujourd’hui revalorisés, autour de cinq euros, notamment pour les rosés de façon à ce que les caves coopératives puissent continuer d’investir et conforter notre position de première région de production de rosé au monde. Cela nous permettrait d’assurer une certaine stabilité.”

HVE et bio
L’autre demande présentée par la coopération viticole c’est la valorisation des démarches HVE. “Il faut que l’État s’engage à appuyer la promotion des produits qui sortent de ces schémas de haute valeur environnementale, mais aussi que le prix de ces vins soit revalorisé pour couvrir les frais que la certification génère. Avec cinq euros par hecto, c’est une revalorisation indolore pour le consommateur et la filière. Nous soutenons par ailleurs un projet présenté dans le cadre de la HVE par les vignerons indépendants pour l’obtention d’un crédit d’impôt de 3 500 euros la première année suivant l’obtention de la certification.”
Enfin, dernier dossier, les vins bios. “Nous avons, dans cette région, un grand potentiel pour faire des vins bio et être très compétitifs en regard de la situation dans d’autres régions du monde ou même de France.” Mais le passage en bio n’est pas évident, la prise de risques est réelle et elle nécessite des investissements. “La coopération veut accompagner ses adhérents qui souhaitent entrer dans cette démarche. Nous allons privilégier les partenaires qui nous proposent des contrats pluriannuels, sur cinq ans, avec un prix adapté lors des deux années de conversion, on ne peut communiquer la première année, puis un engagement sur les trois années suivantes une fois la certification obtenue.”

Yann Kerveno

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