Confinement total de l’esprit !

Apnée : retenir sa respiration, contenir son souffle de peur que ce soit le dernier, rester isolé du reste du monde et attendre, roulé en position fœtale, que le “petit père de la nation” nous dise que tout va bien, il nous a protégé ! C’est l’état dans lequel nous avons été réduits, infantilisés et abêtis, tenus dans une ignorance absolue, largement entretenue par des messages contradictoires et des mensonges d’État. L’angoisse et la peur ont succédé à la désinvolture et à la dérision de ces gens qui, de l’autre côté du monde, mangeraient n’importe quoi. On ne parle plus de ce petit animal, il aurait été disculpé, depuis que nous sommes entrés “en guerre” contre cet “ennemi invisible” et que nous avons docilement remis nos vies entre les mains de dirigeants immatures à l’amateurisme édifiant. Couvre feu, sirènes d’alerte, permis de sorties et contrôles policiers et, ainsi que cela a pu être écrit “Les histoires kafkaïennes se multiplient et ce qui n’était qu’un dispositif pédagogique devient l’instrument délicieux d’un arbitraire pervers”. (Arthur Colin dans Témoignage Chrétien, 2 avril 2020)
C’est notre docilité qui est le seul véritable enjeu de ce qui se passe en ce moment et notre résignation à tout accepter : recroquevillés sur ce qu’il nous reste de vie, nous courbons l’échine et acceptons sans mot dire toutes ces mesures, attentatoires à nos libertés, qui seraient rendues indispensables par “l’état d’urgence sanitaire”. Et dans cette attente d’une levée d’un état d’exception qui va durer, justifié par la crainte d’une “seconde vague épidémiologique”, nos vies, réduites à leur plus simple expression, sont résumées à la seule question “pouvons nous sortir Monsieur ?”. On accepte tout, on accepte cette pénurie de tests, de masques, de gel, après avoir accepté leur caractère inutile et le sabotage de notre système de santé. On accepte les injustices sociales et économiques que génère cette situation puisqu’au bout du compte ce qu’il faut, c’est qu’on reste en vie. On retrouve les vieux réflexes de délation et, même si on les applaudit, ces personnels soignants et ces travailleurs souvent d’origine “non-auvergnate” qui font les basses besognes – parce qu’on a besoin d’eux -, on ne les veut pas de trop près, des fois qu’ils soient positifs et viennent compromettre notre survie.

Ne pas réfléchir, ne pas s’interroger, ne pas contester, ne pas critiquer
Alors, après tout, pourquoi pas ce “tracking”, cette application pour laquelle nos dirigeants – pas si naïfs que ça finalement – ont d’ores et déjà négocié avec les opérateurs de téléphonie. Un suivi par la police des données cellulaires de chacun dès lors que le dé-confinement est à ce prix. Un prix payé par les autres bien sûr, ceux qui seront tombés malades parce qu’ils n’auront pas suivi les ordres de l’État, comme l’a dit le préfet de police de Paris. L’éphémère secrétaire d’État au numérique, Mounir Mahjoubi, député LREM, a déjà rendu un rapport dans lequel il vante les mérites “sanitaires” d’une telle application : qui est malade ? Où est-il en ce moment ? Est-il sorti de sa maison ? Est-il à proximité de vous ?… Et bien d’autres données par ailleurs : avec qui parle-t-il ? Qui sont ses amis, sa famille ? De quoi parle-t-il ? Que mange-t-il ? Que pense-t-il ? Le Premier ministre s’est déclaré “ouvert” à cette solution, tout en précisant – des fois que certains citoyens n’aient pas encore leur esprit tout à fait engourdi – qu’il faudrait quand même donner des garanties quant au “stockage de ces données”. Une précaution oratoire inutile tant il est vrai que nous sommes prêts à tout accepter. Angoissés par ce compte rendu quotidien du nombre de décès, cette numération sinistre par laquelle débutent nos soirées confinées, nous en sommes réduits à ne voir, ne penser, ne parler que de ça : allons-nous nous en sortir en vie ? Le reste importe peu, on verra plus tard. Ne pas réfléchir, ne pas s’interroger, ne pas contester, ne pas critiquer. Mettre son esprit en confinement total. 
Abasourdis par la fragilité de nos sociétés qui se proclamaient invincibles, nous sommes prêts à renoncer à tout et à faire acte de soumission aveugle à ces dirigeants immatures et incompétents dont la dérive sécuritaire ne rencontre plus de limites.

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