Confinement : le (gros) coup de gueule de l’artisan Manu Castro ! [par Thierry Masdéu]

Le boulanger de Laroque des Albères ne fait pas trois fois le tour du fournil pour évoquer le pétrin actuel et la gestion empirique de la crise. Y compris sur le volet des aides sociales qu’il trouve inadaptées et mal ciblées.

Cette crise sanitaire est en train de commettre des dégâts irréversibles pour l’économie malmenée par un diktat gouvernemental qui, depuis des mois, axe ses directives au gré des couleurs de la jauge d’admissions Covid-19 dans les hôpitaux publics. Reflet d’une société majoritairement trop assistée qui, si elle ne se ressaisit pas au plus vite, inquiète et alarme le milieu des entrepreneurs, habitués à faire face aux situations imprévues. Comme Emmanuel Castro, dirigeant du “Fournil des Albères” à la Roque des Albères, beaucoup de chefs d’entreprises s’interrogent sur les priorités du gouvernement dans la gestion de cette épidémie. “La logique de ces confinements, je ne sais plus à quoi elle rime, mais comme depuis une trentaine d’années, une fois de plus, la part belle profite aux minorités qui ne s’investissent ni ne produisent de richesses !” Tempête, l’artisan boulanger-pâtissier des Albères. “Et concernant les hôpitaux publics, je comprends qu’ils soient en pénurie et manque de moyens. Mais à qui la faute ? Alors on détruit tout un modèle économique de petits entrepreneurs qui n’ont ni la garantie de l’activité, ni du salaire, pour éviter une surcharge de travail dans les unités de réanimations ? Il faut arrêter de tout focaliser sur le médical !” Cette réalité pèse lourdement sur les économies des PME et de leurs dirigeants qui, de plus en plus, refusent, comme une majorité de leurs personnels, d’être désignés comme des responsables et donc punis, d’une gestion dont ils ne sont pas les instigateurs.

“Les élus, j’ai l’impression qu’ils ne comprennent plus leurs rôles (…) On punit les gens qui travaillent au profit de ceux qui abusent des revenus sociaux…”

Une solidarité qui, en termes d’efforts et de pertes financières, peu compensés, voire inexistants suivant les catégories de codes NAF des entreprises, creuse de toute évidence le fossé des disparités entre professionnels du secteur public et du privé. “J’en discute avec des connaissances d’élus politiques pour leur signaler, mais apparemment il me semble qu’ils sont dépourvus de tout pouvoir législatif dans les sphères parlementaires. Même eux, j’ai l’impression qu’ils ne comprennent plus leurs rôles… Franchement je ne sais pas où va notre société !” S’interroge, surpris, Emmanuel Castro, tout en alertant sur la tournure que prend le volet social : “Je ne suis pas « complotiste » loin de là ! On ne m’a appris qu’une seule chose, c’est qu’il faut travailler. Mais je constate qu’aujourd’hui, le partage des richesses est devenu confiscatoire, et on punit les gens qui travaillent au profit de ceux qui abusent des revenus sociaux. On finance la quiétude d’une frange de la population alors que, de toute façon, confinement ou pas, cela n’a rien changé pour eux ! On leur donne de nouvelles primes et les salariés de notre secteur ils ont droit à quoi ? Quant aux entreprises on nous accorde du report de charges sociales sur des richesses que nous n’avons pas encore rentrées. On marche sur la tête, il faudra que l’on m’explique un jour !”
Excédé aussi par l’interdiction de reprise de son activité de salon de thé et restauration rapide qui le prive, sans compensation, de 30 % de son chiffre d’affaires, cet artisan met en garde l’exécutif. “Cette République n’est plus adaptée au monde que l’on vit, à ce rythme, avec toute cette économie mise à terre, mais il va y avoir une révolte ! Franchement moi j’aurais plus peur de ce soulèvement que celui des gilets jaunes !” Mouvements de contestation qui, au fil de toutes les mesures sanitaires, pour certaines incohérentes, rétropédalages d’annonces ministérielles ou chiffres de plus en plus contestés sur des victimes classées Covid-19, risquent d’attiser l’élan vers une forme de désobéissance.

Contact : Le Fournil des Albères – Emmanuel Castro – 04 68 95 28 84 – https://www.maisoncastro.fr/

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