Claude Baco : “La mesure des 100 kilomètres est une aberration”

Si la situation est évidemment inédite pour Claude Baco, le charismatique gérant du Zaza Club à Torreilles plage n’en demeure pas moins lucide sur la saison qui approche et sur la situation des activités liées au tourisme sur le littoral.

“La probable ouverture des plages rendue possible par les délégations octroyées aux maires et au préfet est un signe positif, car il va amorcer le retour d’une certaine fréquentation sur le bord de mer. Ensuite nous espérons, bien évidemment, que l’ouverture des bars, restaurants, hôtels et campings suivra dès le 1er juin”. Un espoir mâtiné d’incompréhension concernant certaines mesures, comme nous l’explique celui qui tient le célèbre club de plage salanquais : “Nous pouvons comprendre la mise en place de certains dispositifs, mais la mesure des 100 kilomètres est une aberration totale car elle limite l’accès, y compris pour ceux qui viennent de Toulouse et de Montpellier, aux résidences secondaires et aux activités touristiques locales. Des activités qui induisent une économie cruciale pour le maintien et le devenir de nos entreprises”.

La distanciation c’est 50 % du chiffre d’affaires en moins
Des entreprises qui ont déjà du faire une croix sur tous les ponts du printemps, comme l’explique Claude Baco : “Beaucoup de professionnels qui débutaient la saison en avril devront se contenter d’une période réduite à deux mois. Nous allons de surcroît engager des frais pour adapter nos fonctionnements. Sachant que, lorsque l’on évoque la distanciation, cette obligation va susciter à elle seule une baisse de 50 % du chiffre d’affaires. Puisque nous ne pourrons accueillir qu’un client sur deux en raison de la diminution du nombre de places assises. Ce qui aura une répercussion sur l’emploi saisonnier et sur l’ensemble de nos activités. Au-delà du restaurant et du bar qui fonctionnent habituellement du 15 mai au 15 septembre, nous installons habituellement une soixantaine de transats. Comment allons nous gérer cette offre en pleine saison estivale ?”
Une saison qui s’annonce compliquée et incertaine avec d’autres questions en suspens : “Les touristes pourront-ils se déplacer ? Si oui, dans quel périmètre, local, national, international ? Les établissements pourront-ils ouvrir, quand, comment ? Et, enfin, quel sera le degré de traumatisme induit par cette situation ?” Une interrogation importante, car elle va nécessairement conditionner la fréquentation des établissements situés sur le littoral et, au-delà, dans le département.

Jean-Paul Pelras

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