Chambres d’Agriculture : “L’enjeu” du taux de participation

Si les agriculteurs se désintéressent de ce suffrage, l’État risque d’accélérer la régionalisation de certains établissements consulaires.

2 651 électeurs sur le collège 1 (celui des chefs d’exploitations) dans les P.-O. et 5 384 dans l’Aude. Si les élections aux Chambres d’agriculture demeurent un enjeu considérable pour le monde paysan car les établissements consulaires sont les interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics et des collectivités territoriales, ce suffrage sert de baromètre à la représentativité syndicale. Mais il justifie aussi la nécessité de maintenir les Chambres au sein des territoires.
Le 6 février prochain nous connaitrons donc les noms de celles et ceux qui vont siéger pendant 6 ans, avenue de Grande Bretagne à Perpignan pour les P.-O. et à la Zone artisanale de Sautés à Carcassonne pour l’Aude. Des résultats et un taux de participation qui pourraient influencer la réflexion du gouvernement en ce qui concerne le devenir des Chambres d’agriculture. Précisons à ce titre que le 17 janvier dernier les députés de la majorité ont voté un projet d’habilitation du gouvernement afin que puisse être expérimentée une régionalisation “plus approfondie” des Chambres d’agriculture. Que celles-ci soient, ou non, volontaires…

Vers une régionalisation à marche forcée ?
Une régionalisation à marche forcée pour certains et un manque de clarté dans les intentions qui n’est bien évidemment pas du goût de tout le monde. Y compris dans les rangs de l’APCA qui demandait simplement une reconnaissance dans le code rural des nouvelles formes de régionalisations, comme en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Des bouleversements dans le fonctionnement et dans le rôle des Chambres qui pourraient donc être conditionnés par la mobilisation du monde agricole avec, à l’heure où nous bouclons (mardi 5 février), un taux de participation sur le collège des exploitants d’environ 45 % pour les P.-O. contre 48,09 % en 2013 et d’environ 41,66 % pour l’Aude contre 50,82 % également en 2013. (Pour information, lundi, le taux de participation était de 35 % dans le Gard, 39 % dans l’Hérault, 52 % en Haute Garonne et 60 % dans l’Ariège).
En résumé, si le monde agricole se désintéresse de ce suffrage, les pouvoirs publics pourraient utiliser cet argument pour ne laisser que des antennes dans certains départements à l’instar de ce qui se pratique désormais pour bon nombre d’administrations. Autre difficulté, l’érosion de la population agricole, mais aussi celle des volumes produits et des surfaces cultivées selon les secteurs. Avec un chiffre d’affaires qui était de 766 millions d’euros en 2015 dans l’Aude et de 364 millions d’euros dans les P.-O. Soit respectivement 11 % et 5 % du CA agricole de la région Occitanie.

Jean-Paul Pelras

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