Cacao et Maurice : la belle histoire du chien miraculé d’Escaro

Sur les hauteurs de cette petite commune du Conflent un chien de chasse, tombé dans une faille profonde, a été sauvé d’une mort certaine. Ci-joint le récit de ce sauvetage tel qu’il fut publié sur les réseaux sociaux par son maître, Maurice Galindo.

“Cacao : le miraculé qui aurait pu être le 14e de mes compagnons à disparaître brutalement. Après 11 années de bons et loyaux services, il ne mourra pas noyé dans le canal de Bohère ou brûlé sur le 3e rail du Train jaune, ni suite à une mauvaise blessure par sanglier, comme bon nombre de ses congénères. Il devait mourir au fin fond d’une faille rocheuse de 12 mètres de profondeur à Escaro sur les hauts de l’ancienne carrière de spath fluor du Pla de Gante dans laquelle il était prisonnier depuis le samedi 2 novembre. Tous les efforts et les moyens déployés pour le sortir de ce mauvais pas avaient été vains.
Je tiens à remercier l’équipe du GRIMP qui, suite à mon appel au 18, était sur place 1 h 30 seulement après, pour tenter ce qui s’est révélé impossible car les moyens à engager étant trop conséquents, l’ordre leur fut donné de renoncer.
Je remercie également Gaël, pompier volontaire à Olette et son ami Stéphane venus le dimanche après-midi, prêts à apporter leur aide, sans oublier les amis présents et Yan qui, aux commandes de la mini-pelle prêtée par mon frère, durant deux après-midi et jusqu’à la tombée de la nuit, a creusé en contre-bas, dans la forte pente pour essayer de trouver une faille. Opération ayant dû être arrêtée face à une roche de minerai de fer très dure.
Une autre tentative avait été faite par mon frère en creusant au-dessus, en prolongement de la faille pour essayer de trouver une ouverture haute, tentative également vaine car, à un mètre de profondeur, il y avait de la roche très dure d’hématite.

Après une semaine on entendait la clochette au fond du trou…
Finalement c’est avec beaucoup d’amertume et de tristesse que nous avons quitté les lieux, abandonnant Cacao au fin fond de ces travaux miniers où tant de mineurs ont sué sang et eau pour en extraire le minerai de fer. Après une semaine, on entendait sa clochette au fond du trou ; Cacao était toujours vivant et j’ai pu l’alimenter à l’aide d’un jerrican de 5 litres qui passait juste dans la partie très étroite du bas. Récipient que j’avais attaché à une corde de 12 mètres pour le poser au fond.
Tenu au courant de cet épisode, Stéphane a alerté ses amis spéléos dont monsieur Stéphane Baco, un vrai pro, qui ont répondu présents. Un grand merci à ces derniers qui ont sacrifié une partie de leur week-end de repos pour tenter de forcer un passage et approcher de Cacao au plus près. Peine perdue : devant les difficultés et la dangerosité de la progression dans la faille instable. Ce fut un déchirement d’abandonner alors que Cacao ne cessait d’aboyer et de gémir sous leurs pieds.
Dernier espoir que de m’adresser à Guillaume, à la ferme d’Escoums ce dimanche 10 novembre, celui-ci possédant une énorme pelle de 35 tonnes. Il n’a pas hésité une seule seconde, merci Guillaume. Nous nous étions rendus sur place pour une première reconnaissance des lieux et de la tâche à accomplir.

Pas possible, incroyable, Cacao apparut à la surface…
J’ai attaché un bout de viande dans le jerrican, installé un collet à arrêtoir dans l’ouverture et plongé celui-ci dans la faille en montrant à Guillaume la profondeur. Plusieurs tentatives avec ce montage dans l’espoir de récupérer Cacao avaient échoué les jours précédents et au cours de la matinée. Dans les minutes qui s’en suivirent l’ami de Guillaume, qui se tenait près de la faille, me dit alors qu’il entendait la clochette cogner contre le bidon et que la corde se tendait. Je compris immédiatement que le piège pour une bonne cause avait fonctionné. Je lui ai crié : “tire sur la corde !”. Et je me précipite pour tirer au plus vite. Pas possible, incroyable, Cacao apparut à la surface, pris au collet et bien vivant. Il était sauvé, je le pris dans mes bras et ne put retenir des larmes de bonheur.
De retour à la maison, Cacao, après s’être remis de ses émotions quelques après-midis au soleil, des nuitées près de la cheminée et de bonnes gamelles, est déjà prêt à nous donner encore du plaisir par ses menées endiablées et ses fermes acharnés avant une retraite bien méritée.
Il a participé et supervisé les travaux de remblaiement de la faille qui aurait pu être sa tombe et où reposent peut-être d’autres de ses congénères à jamais disparus.
Encore un grand merci à tous ceux qui nous ont apporté leur aide, de la part de Maurice et de Cacao !”

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