C3H8NO5P —> CH6NO3P !

Le glyphosate (première formule) se dégrade rapidement en AMPA (deuxième formule). C’est pourquoi on dose les deux molécules dans les eaux. Cependant l’interprétation est difficile car l’AMPA ne provient pas uniquement du glyphosate…

Le glyphosate est une molécule de synthèse obtenue chimiquement. C’est un acide qui est fabriqué par un mélange de glycine, d’acide chlorométhylphosphonique, d’hydroxyde de sodium (soude) et d’eau. Sa forme brute n’est pas utilisable, il faut l’associer à un sel (par exemple le sel d’isopropylamine) et ainsi la molécule (qui garde le nom générique de glyphosate) est soluble dans l’eau.
De même, les herbicides contenant ce glyphosate doivent être complémenté d’adjuvants tensio-actifs afin d’adhérer au feuillage. D’ailleurs plusieurs de ces adjuvants ont été retirés du marché provocant par conséquence immédiate l’interdiction de plusieurs spécialités herbicides à base de glyphosate (ce n’était pas le glyphosate qui était visé).
Dans le sol, le glyphosate est assez fortement retenu, et rapidement dégradé par les micro-organismes du sol (souvenez-vous de la publicité qui vantait l’herbicide “biodégradable”). Par contre, comme il est soluble dans l’eau, il peut être entrainé dans les eaux. En fait, cela se produit surtout s’il est utilisé sur sols humidifiés. La molécule va être moins adsorbée par le sol, donc plus facilement emportée vers les eaux superficielles (très rarement dans les nappes profondes).

L’AMPA prend le relais
Le glyphosate a une durée de vie encore plus limitée dans l’eau, sa demi-vie est seulement d’un mois. Il se dégrade rapidement en AMPA dont la durée de demi vie est plus longue : de 2 à 8 mois. Ensuite la molécule se minéralise en donnant de l’eau et du gaz carbonique notamment.
L’AMPA que l’on dose et détecte dans l’eau provient aussi d’autres molécules, sans qu’on puisse facilement les distinguer une fois sous forme d’AMPA. Ce sont des détergents industriels ou ménagers, des lessives ou encore des produits de traitements des tours
réfrigérées.

Une confusion qui alimente l’agribashing
Tout ceci, ajouté au fait que l’utilisation la plus potentiellement polluante du glyphosate n’était pas
l’agriculture mais les traitements urbains (absence de sol, donc entrainement important vers les eaux), provoque une confusion dans les esprits sur un sujet qui n’est plus rationnel depuis longtemps. L’agribashing bat son plein et pénalise les agriculteurs d’une double peine inacceptable.

Alain Halma, directeur adjoint Chambre d’agriculture 66

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