Brasserie Milles : la reprise est là [par Yann Kerveno]

Depuis Toulouges, la Brasserie Milles observe le redémarrage de l’économie. Et comme la restauration, attend beaucoup de la saison.

Pour les fournisseurs de la restauration, la crise de la Covid-19 aura été un coup d’arrêt brutal à partir de la mi-mars. “Un peu comme tout le monde, nous avons été affectés par le confinement. Si la GMS a continué peu ou prou normalement, l’impact a été modéré, le reste de nos marchés a beaucoup souffert, comme la restauration,” constate Laure Milles. Le confinement est aussi survenu à une période de grande activité. “Cette année, le confinement nous a ôté les fêtes de Pâques qui sont des moments de consommation importants dans les ménages.” Pour la restauration et les bars, là, ce fut, on le sait, l’arrêt total.
Et maintenant ? “Pour l’instant, et nous en parlons beaucoup dans notre interprofession, il n’y a pas eu l’avalanche de cessations d’activité que nous pouvions craindre. C’est peut-être dû au fait que nous sommes surtout un département saisonnier” ajoute-t-elle. Les entreprises ont donc fait le gros dos en attendant l’été. “Les interrogations portaient peut-être plus sur le déconfinement, les possibilités de recrutement… Mais il y avait surtout, je crois, une grande incompréhension. Dans le même temps, on est capable de fermer les écoles, d’aller voter puis de brusquement fermer les restaurants et les bars, du matin pour le soir en les laissant frigos pleins…”

Les espoirs d’août
Depuis le déconfinement, la reprise est là, même si, remarque-t-elle, les stratégies des entreprises ne sont pas homogènes. “Certains, comme le Grand Buffet de Narbonne, ont décidé de ne pas ouvrir, ne voulant pas « déconfiner à moitié » et en profiter pour faire des travaux.” De son poste d’observation, elle remarque aussi que les entreprises les plus petites ont intégré les nouvelles règles de distanciation pour ouvrir, que les établissements plus haut de gamme disposent souvent d’assez d’espace pour travailler correctement. “Mais en même temps, on sent que les consommateurs ont un peu peur de se mettre en danger” ajoute-t-elle.
Pour Laure Milles, la clé de l’année c’est donc la saison estivale dans laquelle nous venons d’entrer. “Ce qu’on voit aujourd’hui c’est que les réservations de juillet étaient moyennes mais qu’elles sont plutôt bonnes à excellentes pour août.” C’est l’été qui sauvera ou non les entreprises les plus fragiles.

Décalage de durabilité
Sur le marché des boissons, les flux sont tendus, il a fallu aménager l’existant. “Pour la bière par exemple, nous avons pu décaler la date de durabilité minimale, elle était calculée pour des flux de consommation normaux que nous impose la loi. Ce n’est pas une date limite de consommation (DLC), mais bien une date intermédiaire qui n’a pas de conséquence sur la qualité des produits” explique-t-elle. Deux raisons à ce décalage administratif, éviter que les brasseurs jettent des centaines de milliers d’hectolitres de bière mais aussi palier à d’éventuelles ruptures de stocks liées aux moindres productions des semaines de confinement.
Si les volumes non écoulés pendant le confinement sont perdus, maintenant toute la question réside dans la saison mais aussi dans le comportement futur du consommateur. Qu’est-ce qui va se passer à la rentrée ? Comment les consommateurs locaux vont réagir ? Est-ce que les difficultés que ressentent certains secteurs vont se répandre à d’autres ? Réponse à la rentrée.

La Mil.lenari
Pas de chance pour la brasserie Milles. Le confinement a été décidé au même moment où la maison de Toulouges lançait sa propre marque de bières catalane sous le nom de Mil.lenari. “Comme le lancement était organisé au moment du confinement nous n’avions pas beaucoup de stocks” regrette Laure Milles “et aujourd’hui, comme nous n’avons pas beaucoup produit pendant le confinement, nous manquons un peu de bières pour répondre à la demande !” Pour autant l’accueil de la clientèle fut bon et devrait se confirmer cet été.

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