Bonne année … 2022 ! (Par Jean-Paul Pelras)

Pourquoi passer au millésime suivant, diront ceux qui pensent que je me débine, que j’esquive l’obstacle et le pronostic périlleux ? Et bien, tout simplement car, et nous nous en tiendrons à cette occurrence, du coté de l’économie il ne faut pas être grand clerc pour deviner qu’en 2021 ce ne sera pas Byzance.

Pour rester dans la rime nous utiliserons le mot « résilience » qui, vous l’aurez remarqué, fut l’un des plus usité pendant l’année écoulée par tout ce que la galaxie politique compte comme troubadours, guérisseurs, banquistes, bluffeurs et autres baratineurs de service. Jamais, depuis que je suis en âge de comprendre à quoi peuvent servir ceux qui sont censés nous diriger, je n’avais croisé, par médias interposés et inféodés, autant d’inconséquence. Et, ce qui peut surprendre au regard d’un tel amateurisme, autant de suffisance et de fatuité.

Considérant cet équipage, l’amiral, le capitaine et leurs piètres matelots, il vaut mieux, vous en conviendrez, rester à quai pour l’an nouvellet et attendre patiemment l’accostage du prochain rafiot. 

Entre temps, à leur corps défendant peut être, ceux qui auront embarqué vont certainement prêter une épaule à la science pour obtenir, nous en reparlerons surement, moyennant une dose immodérée de confiance, le principe de quelque laisser-passer.

D’autres, consignés derrière leurs zincs ou leurs fourneaux, vont tout faire pour tenir le coup en essayant de deviner, d’une annonce sur l’autre, quand ils pourront à nouveau travailler. Un supplice pour celles et ceux, artisans, paysans, commerçants et industriels qui portent à bout de bras l’économie du pays, qui génèrent l’induction et l’emploi, qui ne peuvent compter que sur leurs activités pour honorer les traites à la fin du mois.

Une réalité que nos dirigeants évoquent dans des discours interminables et ampoulés où, sûrs de percevoir leurs indemnités, ils rassurent depuis les ministères, Matignon ou l’Elysée avec des chiffres, aves des promesses. Avec des mots dilués, dès le lendemain, dans les conditions d’éligibilité, dans la complexité des dossiers, dans cette vérité du quotidien qui n’a rien à espérer des illusions télévisées. Car nous en sommes là et c’est bien tout le drame de ce pays : le sortilège s’est éventé.

Le challenge est inédit

Nous verrons d’ailleurs, certainement avant l’été, comment l’Etat providence, à force de tirer des chèques sans provision sur l’avenir, va atteindre les limites de sa crédibilité. Nous verrons aussi sourdre, au fil des semaines, les conséquences d’une gestion empirique, concernant notamment le sort de nos anciens, emportés par le chagrin derrière ces comptabilités qui servent les courbes des statistiques et les prophéties de quelques scientifiques médiatisés.

Paraphrasons à présent Saint Grégoire de Nysse en adaptant au contexte actuel l’une de ses citations : « Et nous irons de confinement en confinement vers des confinements qui n’auront pas de fin » Du moins jusqu’en 2022 où le mandat du premier d’entre nous doit (en théorie) être renouvelé. Que fera-t-il ? Ce sera le murmure de l’été, la question de l’automne et la surprise de l’hiver d’après. Car tenir encore 15 mois, pourquoi pas !  Mais rempiler pour 5 ans après avoir essuyé les plâtres sans jamais avoir été plâtrier à, vous en conviendrez, de quoi vous dégoûter du métier. 

D’autres attendent à la porte, piètres comédiens, porte-pipes aux dents longues, novices ambitieux ou invités surprise qui, tel Michel Barnier équipé d’une certaine respectabilité pourrait, pourquoi pas, venir, en dernière minute, renverser la table. Cette table qui, atomisation des partis politiques oblige, semblait réservée jusqu’ici au dynamiteur des coalitions fatiguées.

L’année 2021 sera donc une année à mettre entre parenthèses, car chacun va retenir son souffle pour ne pas en manquer en 2022 et construire un avenir probablement diffèrent de celui qui fut prédit jusqu’ici.

A nous de transformer la fatalité en espérance, à nous de rester confiants et déterminés à la fois. A nous de bâtir avec l’année qui arrive le socle de celles à venir. Le challenge est inédit. Il sera passionnant si nous nous battons avec courage et sans déni pour affirmer nos convictions. Et, « quoi qu’il en coute », pour préserver notre démocratie.  

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