Bilan très mitigé pour la campagne fruits d’été [par Yann Kerveno]

Après une morne saison pour l’abricot, les pêches et nectarines n’ont guère fait mieux cet été, faute de rendement. Et la saison est terminée.

On savait depuis un moment que l’année 2020 ne serait pas riche en miracles. Et il ne s’en est pas produit pour les fruits d’été. Les conditions climatiques de l’hiver, le manque de froid, et du printemps, les pluies torrentielles, en particulier pendant la floraison, avaient déjà largement entamé le potentiel en Roussillon. La fin du confinement au tout début de la saison aurait dû agir comme un aiguillon dans un marché alors déficitaire, “en Roussillon, comme dans les autres bassins de production européens” fait remarquer Éric Hostalnou, chef du service fruits et légumes de la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales. C’est là que le mauvais temps de la fin du printemps est venu gâcher l’entrée des pêches et nectarines françaises sur le marché. “C’est paradoxal” ajoute Éric Hostalnou “mais fin juin, avec l’avance de maturité constatée, les apports ont été plus importants que la normale à cette période” venant compliquer un peu plus la situation. Il faudra attendre que l’été s’installe réellement, avec le beau temps, pour retrouver un marché fluide et des fruits de qualité.

Les faibles rendements plombent l’année
Au final, “les distributeurs on globalement joué le jeu de l’origine France, même s’ils ont un peu tardé à basculer et les prix de vente sont restés corrects tout au long de la saison en Roussillon, mais ils ne compensent pas les pertes de volumes, de 30 à 50 % pour les plus sévères. Ceux qui ont perdu autour de 20 % des volumes parviendront à faire une année correcte” synthétise-t-il. Pour autant, certains signes peuvent inquiéter pour les années futures, en particulier la guerre commerciale visiblement ouverte entre distributeurs pour conserver des parts de marchés dans un contexte de crise économique. “Il y a eu des tensions sur les promotions qui ont tendu le marché sur ce segment” précise-t-il, confirmant les craintes du début d’été de la production. Des tensions qui pourraient perdurer si la crise économique liée à la Covid-19 venait à s’amplifier ou durer alors que les Français ont déjà été plus enclins à l’épargne qu’à la consommation, comme ce fut le cas depuis le début de la crise sanitaire.
Autre motif d’inquiétude à court et moyen terme, à l’intérieur de la gamme cette fois, le succès de plus en plus franc rencontré par la pêche plate au détriment de la pêche ronde et blanche en particulier.

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