“Attendez dehors !” (Par Jean-Paul Pelras)

“Votre Rdv avec le Docteur … est confirmé pour le 15 octobre 2020 à 15 h 30. Venez seul. Soyez ponctuel, portez un masque, carte Vitale + paiement plutôt CB. Attendez dehors” m’indique le message envoyé par un praticien lundi sur mon téléphone portable.
Attendez dehors ! Non mais, sans déconner, ne peut-il y avoir un peu plus d’humanité, un peu plus de considération à l’égard du client même s’il n’est qu’un “patient” et qu’il doit, par définition, patienter ? Où est passée la formule de politesse, le “bien cordialement” usité jusqu’ici dans les sociétés dites civilisées ? La crise sanitaire donne-t-elle tous les droits ? Faut-il évacuer, au nom du principe de sécurité, toutes les convenances ? Faut-il balayer tous les usages ? Chez le kiné comme chez le banquier (quand il daigne encore ouvrir son guichet…), chez l’assureur comme chez le notaire, chez le commerçant comme au restaurant, au cinéma comme à l’école, nous avons peur de déranger, peur de ne pas être assis au bon endroit, peur de pas avoir bien compris les “commandements”, peur de nous faire engueuler parce que nous sommes un peu en retard, parce que le masque n’est pas assez bien porté, parce que nous en avons assez d’être infantilisés, parce que, d’une certaine façon nous osons respirer !
Et à côté de ça, avant que Macron ne s’adresse aux Français (mercredi après bouclage) son Premier ministre demandait de “règlementer” l’espace privé. Histoire de nous renseigner, à quelques semaines des hostilités, sur ce qui figurera peut-être au menu des fêtes de fin d’année.

À trop tirer sur la corde…
Et à côté de ça, madame Petronin, 75 balais, veut retourner au Mali après avoir été accueillie, protocole oblige, par le premier d’entre nous sur le tarmac de Villacoublay. Retourner dans ce pays où elle s’est convertie à l’Islam et où elle passa 4 ans entre les mains de ses geôliers. Lesquels, selon ses dires, l’ont toujours respectée. D’où peut être la libération de 206 terroristes pour bientraitance et excès d’amabilité… ? Ayons, à ce stade du propos, quitte à contrarier la presse des “grandes idées”, une pensée pour les soldats tombés dans ce pays lointain qui ne pourront plus jamais embrasser leurs enfants et dont le nom fut brièvement cité dans les soubresauts de l’actualité.
Et à côté de ça, des commissariats sont incendiés, des policiers sont grièvement blessés, d’autres sont obligés de fuir sous l’assaut des mortiers d’artifice lancés par quelques dizaines d’individus. Des individus que je me garderai bien de qualifier ici pour ne risquer ni le délit d’outrage, ni quelques atteintes au droit de tout casser.
Et à côté de ça, le débat fait rage sur les plateaux télés et dans les comités Théodule qui se réunissent pour phosphorer sur le thème de l’insécurité. Cette insécurité qui gangrène le pays avec ceux qui la subissent et, car ils ne sont plus écoutés, doivent déménager, doivent “démissionner”. Avec ceux qui, sagement installés derrière leurs préjugés prônent “l’éducation” plutôt que la sanction et préfèrent penser que les premiers concernés, équipés d’un naturel belliqueux, se font des idées.
“Attendez dehors !” disait le message. À trop tirer sur la corde, l’histoire pourrait bien nous apprendre très rapidement qu’il n’était ni adapté, ni accepté.

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