Artichauts : l’embellie après un gros trou d’air

Les producteurs ont craint le pire avec le confinement, mais le marché s’est rétabli depuis une petite semaine.

“Il y a eu un gros creux quand la restauration collective puis la restauration commerciale ont fermé. À ce moment là, on était dans le noir complet.” De l’aveu de Ludovic Combacal, président de l’IGP artichaut du Roussillon, le mois de mars aura été de toutes les frayeurs pour les producteurs d’artichauts du département qui venaient d’essuyer les inondations de la tempête Gloria. Depuis, les choses se sont un peu améliorées. “Il y a d’abord eu l’appel du gouvernement aux distributeurs pour qu’ils jouent la carte des produits français, puis le travail de la Chambre d’agriculture qui a pris contact avec les directeurs d’hypermarchés et de supermarchés du département” ajoute-t-il. “Et là, le marché tire terriblement, les distributeurs jouent le jeu, nous avons accès aux magasins. Cette demande nouvelle a largement compensé la perte que nous avons enregistré avec la fermeture de la restauration. On peut même se demander si on va avoir assez de produits pour suivre et fournir tout le monde…”

Main d’œuvre
Reste l’inconnue “prix” comme le souligne Ludovic Combacal. “On ne sait pas ce qui va se passer sur ce plan là. D’habitude, nos produits arrivent pour faire de l’image dans les rayons, donc la grande distribution ne regarde pas trop les prix. Est-ce que ce sera pareil cette année alors qu’ils prennent des volumes beaucoup plus importants ?”
Autre interrogation, la main d’œuvre. “Nous avons pu éviter les mesures de chômage partiel et nous arrivons à conduire les chantiers, dans les stations, les postes de travail ont été aménagés… Mais on sent une certaine frilosité. C’est bien qu’il y ait eu cet appel aux bonnes volontés mais il ne faut pas oublier quand même que nos métiers réclament des salariés qui savent ce qu’il font, c’est particulièrement vrai pour l’éclaircissage, notamment pour ceux qui ont des arbres fruitiers.” La saison battant son plein, il va falloir en profiter et faire une bonne campagne avant l’arrivée des volumes d’artichauts bretons dans les linéaires.

Yann Kerveno

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