Abricot Rouge du Roussillon, la petite appellation qui monte

Pour sa troisième saison sous appellation, l’abricot Rouge du Roussillon affiche des ambitions crescendo. Dans un contexte d’augmentation des volumes et du nombre de producteurs labellisés, l’un des objectifs du syndicat de défense est de développer la commercialisation en frais, ce produit étant historiquement dédié à l’industrie.

Le calme avant la tempête. Dans ce verger de Pia, les abricots Rouges du Roussillon n’ont pas encore vu passer de cueilleurs. Ils finissent de mûrir sous un soleil écrasant. “Du côté de Salses en revanche, la récolte a commencé en fin de semaine dernière”, note Elisabeth Bonnet, présidente du Syndicat de défense de l’AOP Abricot Rouge du Roussillon et exploitante d’une dizaine d’hectares d’abricotiers, avec son conjoint Patrick Galera. Parallèlement à la cueillette, une autre campagne, de communication celle-ci, vient de débuter. “Dimanche, nous étions à Toulouse, pour le pique-nique des Qualivores, organisé par l’Irqualim (organisme de valorisation des produits de l’origine et de la qualité d’Occitanie, NDLR). Nous avons pu faire goûter l’abricot Rouge du Roussillon à de nombreux d’amateurs de produits régionaux” explique-t-elle. Et ce mardi, des élèves de l’école de Pia devaient être accueillis par un producteur.

Campagnes d’affichages, médias…
Une campagne, donc, par petites touches, mais aussi avec des moyens plus conséquents, comme des affiches qui doivent intégrer ces jours-ci les panneaux publicitaires du Conseil Départemental. L’abricot Rouge du Roussillon sera donc visible dans les rues des Pyrénées-Orientales jusqu’aux environs du 10 juillet. Par ailleurs, “on est passé sur France Bleu Toulouse et une campagne de pub est prévue avec l’Irqualim, ils viennent faire des photos la semaine prochaine.” Un soutien bienvenu, cette appellation étant toute récente, l’AOC ayant été obtenue en 2015, l’AOP l’année suivante. “Nous avons commencé à vraiment communiquer l’an dernier”, explique Elisabeth Bonnet. “Cette année, beaucoup de lignes ont été ouvertes au niveau de la grande distribution.” Des labels comme Reflets de France et Saveurs de nos régions s’en sont emparés. “Nous sommes bien référencés au niveau de la GD nationale, nous avons été très bien accueillis” souligne-t-elle. Côté prix, “ils s’annoncent corrects et le marché est ouvert.” L’un des gros chantiers, pour cette petite appellation, est d’intégrer de nouveaux producteurs, de toutes tailles.

242 tonnes commercialisées en 2016, 975 tonnes en 2017
“L’an dernier certains qui voulaient nous rejoindre n’ont pas pu pour des questions de délais pour la réalisation des audits” explique la présidente de l’AOP, qui pense que le cap des 1 000 tonnes commercialisées sera franchi cette année. Car les volumes sous appellation grimpent rapidement : de 242 tonnes commercialisées en 2016, on est passé à 975 tonnes en 2017. Mais l’enjeu majeur de l’AOP reste celui pour lequel elle a été créée : la valorisation. Car jusqu’ici, seuls près de 20 % des volumes étaient commercialisés en frais, les 80 % restants étant destinés à l’industrie. Une filière historique, sous contractualisation, mais moins rémunératrice. “Nous voulons arriver à contrebalancer ces chiffres” explique Élisabeth Bonnet, qui croit au potentiel de cette appellation. “Il faut savoir que les abricots Rouges du Roussillon vendus sous appellation dégagent déjà + 17 % de valorisation en frais et + 21 % en industrie, par rapport à ceux qui ne sont pas sous appellation !”. Et d’encourager les producteurs à entrer dans la démarche. D’une part pour des raisons d’affichage (l’INAO interdit d’afficher “abricot Rouge du Roussillon” ou même “abricot du Roussillon” pour les produits sans l’AOP), mais aussi et surtout, afin de revaloriser la production.

Fanny Linares

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