A trop dériver sur le fleuve des bonnes consciences … (Par Jean-Paul Pelras)

Étrange semaine que celle que nous venons de vivre. Mercredi, Macron demande à 20 millions de Français de respecter un couvre-feu, leur conseille de ne pas se réunir à plus de 6 personnes dans le cercle familial, impose, par voie de conséquence, la fermeture des bars et des restaurants, donne un tour de vis supplémentaire au quotidien de ses concitoyens. Jeudi, une vague de perquisitions est diligentée dans la galaxie politique. Des documents, des codes, des ordinateurs sont saisis jusqu’aux domiciles des intéressés : Veran, actuel ministre de la Santé, Buzyn qui le précéda à ce poste, Philippe ancien Premier ministre, Salomon directeur général de la Santé, Chêne directrice de Santé publique France et Ndiaye qui portait la parole gouvernementale jusqu’en juillet dernier. Vous l’aurez remarqué, il ne s’agit pas ici de voleurs de mobylettes et lesdites perquisitions ont tout de même été ordonnées par la Cour de justice de la République. L’annonce fait l’effet d’une bombe à midi, d’une bombinette au 20 h et a disparu dans les nuances de l’info dès le lendemain où la mise en examen de Sarko pour « association de malfaiteurs » vient voler la vedette à celles et ceux qui, la veille encore, captaient le prisme des médias pour ce qui, diversion oblige, ne se transformera jamais en affaire d’État…

Et puis il y eut, vendredi, la décapitation d’un enseignant, victime de la barbarie et de l’incurie réunies. Ce soir-là, la lassitude qui s’empare des Français signifie la fin d’une époque, celle de l’insouciance et celle du déni. Une époque qui ne peut plus se satisfaire des « Je suis ceci », des « Je suis cela » et de la lumière des petites bougies.    

D’une élection à l’autre, garder pied …
Depuis trente ans, ceux qui ont fait du politiquement correct leur fonds de commerce ont empêché les gouvernements successifs de juguler la montée des fanatismes. A trop vouloir imposer un dosage entre résiliation et résignation, ils ont distillé le doute et instillé la culpabilité, tout en jetant l’opprobre sur celui qui osait se méfier. Ceux là sont entrés en politique uniquement pour promouvoir le confort des idées qui se vendent bien. Ils ont dérivé sur le fleuve des bonnes consciences sans chercher la berge ou le gué qui pouvait nous sauver. Ils se sont simplement contentés de trouver l’endroit où, d’une élection à l’autre, ils allaient garder pied. Nous les connaissons tous. Ce sont ceux qui nous répètent à longueur de repas dominicaux que nous nous faisons des idées, ce sont ceux qui bien à l’abri derrière leurs salaires garantis et leurs retraites anticipées pensent que les gilets jaunes ont exagéré. Comme si, depuis 1968, il ne fallait plus rien contester. Ce sont ceux qui, pour assurer leurs réélections, distribuent l’argent du peuple comme s’il leur appartenait. Ce sont ceux qui abusent de la formule usitée, « donne-moi ta montre et je te donnerai l’heure ». Sans vouloir reconnaitre que leur pendule est, depuis longtemps, déréglée. Et qu’il n’y aura bientôt plus de sable dans le sablier !

 

 

Une pensée sur “A trop dériver sur le fleuve des bonnes consciences … (Par Jean-Paul Pelras)

  • 26 octobre 2020 à 15 h 40 min
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    Oh merci , Jean Paul, Merci vraiment pour vos articles
    Vous savez poser des mots sur tout ce que je ressens et que je ne sais exprimer aussi bien,
    le coeur y est vous déroulez tout ce que je j’ai dans ma tête et qui m’étouffe tellement cela
    est triste. Moi qui ai connue les belles années de ma jeunesse de 70 à 90 où tout était possible
    où nous étions heureux simplement parce nous étions libres…

    Merci pour vos touchants articles qui me ressemblent tant, surtout poursuivez cela fait
    tellement du bien de pouvoir dire ce que l’on pense…

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