Au sommaire


Sécheresse : à Jujols, l’eau ne coule pas de source


À nos lecteurs : Le prix de la liberté


Hérault et Gard :
7 viticulteurs interpellés


Saint-Charles : pousser les murs


La chronique de Jean-Marc Majeau : “Promouvoir la montagne auprès des urbains de la Région, de La France et de l’Europe”


Projets associatifs en milieu rural : Quels financements ?


Artisanat :

Ordonnances : les délais et conditions des précisions sur motifs du licenciement


Économie : Chaque chasseur générerait plus de 2 000 € de chiffre d’affaires sur son territoire


Les Entretiens vignes et vins du Languedoc-Roussillon : changement d’époque pour la viticulture du Languedoc


ICHN : Maintenir le périmètre des zones défavorisées


La puce à l’oreille :
Copinages et dommages collatéraux


IG du Roussillon : Situation du marché


Dossiers PCAE : campagne 2018


Simplification du bulletin de paie : dernière ligne droite


Concours départemental de taille : à vos sécateurs !

L’édito de Jean-Paul Pelras

Abandon du haut pays :

lettre aux représentants de l’État et des collectivités territoriales


Ce courrier rédigé sous forme de lettre ouverte dans l’Agri est destiné à M. Philippe Vignes, préfet des Pyrénées-Orientales, à Madame Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, à Madame Hermeline Malherbe, présidente du Conseil départemental des P.-O. Ainsi qu’aux parlementaires, aux maires de notre département et aux présidents des Chambres d’agriculture, de métiers et de commerce.

M. le préfet, mesdames, messieurs les élus.

Régulièrement le lectorat de notre journal à majorité rurale nous alerte sur des situations qui impactent son quotidien. Nous servons alors d’intercesseurs et relayons cette actualité dans nos colonnes afin qu’elle puisse sensibiliser les décideurs et, dans la mesure du possible, permettre de solutionner certains problèmes.

Depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, une bonne partie du haut pays n’a plus accès à la téléphonie mobile notamment via les réseaux SFR et Bouygues. Une panne qui débuta pendant les fêtes de fin d’année, qui devait être résorbée le 6 janvier et qui, selon nos informations prises auprès de l’un des opérateurs, ne le sera pas avant le 11. Conjugué à des pannes sur le réseau internet fréquentes chez la plupart des fournisseurs, mais aussi sur les lignes fixes réparées avec de moins en moins de réactivité, ces coupures isolent une grande partie du département à l’heure où, de surcroit, sévit une épidémie de grippe particulièrement compliquée avec, selon les secteurs, pas un seul médecin disponible. Rajoutons à cela un captage audiovisuel aléatoire et menacé, des éboulements sur la N 116, mais aussi des voies de communications qui, de toute évidence, entre Ille sur Têt et le Haut Conflent resteront dans l’état, et nous redoutons une accentuation de cette déprise qui concerne désormais la plupart de nos communes rurales ou isolées au-dessus de Prades. Ce qui nuit à l’attractivité de nos villages et suscite leur désertification progressive, tout acquéreur potentiel se souciant bien évidemment en priorité de l’accès aux soins et de la communication.

Un problème qui concerne également l’agriculture, le commerce, l’artisanat et le tourisme dans des proportions qui menacent ces activités car ne pouvant répondre à la demande en temps voulu et risquant pour leur compétitivité. Concernant l’agriculture et l’enjeu que représentent les installations sur des zones souvent excentrées et difficiles d’accès, ces coupures téléphoniques et numériques deviennent inacceptables et vont à l’encontre des volontés exprimées par la plupart des élus ruraux mobilisés pour la revitalisation de nos territoires.

Vous signaler enfin que dans beaucoup de communes où la population est vieillissante et où aucune perspective d’activités nouvelles ne se profile, les maisons se ferment, la fréquentation saisonnière, y compris en période de chasse se raréfie, le tissu social tend à se marginaliser, les chemins s’abandonnent, les canaux et les sources ne sont plus entretenus et, comme vous le savez, le gibier prolifère dans la friche qui se développe.

Pour s’en rendre compte il faut se transporter dans ces petits villages où les cheminées fument de moins en moins, où les volets restent clos d’un été sur l’autre, où les cafés, les boulangeries, les épiceries ont définitivement tiré leurs rideaux. Où, le soir venu, il n’y a même plus la petite cabine téléphonique pour éclairer le coin de la rue. 

Voilà M. le préfet, mesdames, messieurs les élus ce cri d’alarme en faveur d’un monde rural et d’un arrière-pays qui n’est plus considéré à la hauteur des enjeux qu’il représente. En espérant pouvoir compter sur votre mobilisation, sachant que l’Agri se fera bien sûr le relais de toutes vos interventions auprès de notre lectorat.

Bien respectueusement

Jean-Paul Pelras

L’AGRI - 77, av Victor-Dalbiez, 66027 Perpignan Cedex
Tél : 04 68 85 02 02
Fax : 04 68 85 24 25
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Hebdomadaire - ISSN 0761-3768
Abonnement un an : 95 €

Le 3 février 2018
à Corneilla de Conflent

CE sera donc un samedi après-midi. Nous serons dans une salle des fêtes quelques part dans un petit village du département des P.-O. situé dans le haut pays. Nous commencerons à discuter vers 14 h 30. Il n’y aura pas de protocole, même pas d’apéro, seulement des chaises, une estrade, des gens, un micro.

Interviendront dans un premier temps avec un temps de parole calibré, celles et ceux qui apporteront leurs témoignages en tant qu’acteurs du monde rural dans des domaines aussi variés et complémentaires que peuvent l’être l’agriculture, l’artisanat, le commerce, la chasse, l’offre de soins. Un débat sera ensuite engagé avec la salle sachant que tous les maires du département et, de facto, leurs conseillers municipaux sont invités à cette rencontre. Sont également conviés le préfet des Pyrénées-Orientales, l’ensemble des parlementaires, la présidente de la Région Occitanie, la présidente du Département des P.-O., les Conseillers départementaux, les Conseillers régionaux en charge de la ruralité et les administrations territoriales concernées.

Participeront aux débats, le maire de Corneilla de Conflent, le président et les journalistes de l’Agri, les présidents de Chambres consulaires, les représentants d’organisations syndicales agricoles, artisanales et cynégétiques, le secteur médico-social des hauts cantons. Le but étant de sensibiliser les pouvoirs publics et les représentants des collectivités territoriales aux problèmes récurrents et endémiques que rencontrent les habitants et les entreprises du haut pays.

Un débat très attendu

Problèmes liés aux ruptures de réseau téléphonique, numérique ou audiovisuel. Problèmes d’isolement lorsqu’un incident survient sur les voies de communication. Problème d’accès aux soins avec le manque de praticiens sur certains secteurs et le risque de fermeture qui menace les établissements de santé. Enfin, problème de paupérisation croissante avec l’abandon des commerces, le départ des artisans, le recul des installations, la dépréciation de l’immobilier, la marginalisation de nos territoires, l’érosion de l’activité cynégétique et, entre autres, l’accentuation de la déprise environnementale.

Cette initiative portée et animée par le Journal L’Agri des P.-O. et de l’Aude vise à interpeller démocratiquement nos élus et les services de l’État afin qu’ils puissent relayer auprès des instances départementales et régionales, mais aussi auprès du Gouvernement et des ministères concernés, les priorités exprimées par les acteurs du haut pays dans les Pyrénées-Orientales. Nous espérons, à ce titre, que, loin de toutes considérations politiques ou politiciennes, les élus du Département et de la Région ainsi que les représentants de l’État se mobiliseront pour participer à ce débat.

Un débat de toute évidence très attendu qui sera ensuite évoqué dans les colonnes de notre journal, sachant que tous les médias du département sont, bien sûr, conviés à cette rencontre.